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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
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Cest tout ce quil vous reste,
la saison des festivals
étant close...
(DR)
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Fin de cycle. Le oualou et le rien
Et voilà. Toutes les belles choses ont une fin. La très riche saison des festivals prend fin. Leffervescence des trois derniers mois ô combien salvatrice retombe comme un soufflé et les prochains mois sannoncent synonymes dun oualou aérien. Quelques rescapés pourtant, le mois daoût (Asilah, Tafraout, jeunes gnaoua dEssaouira
) et un miraculé le mois de septembre (Slam& Klam à Fès). Plus de cinéma, plus de musique, plus de fête, plus dInstituts français. La vi(ll)e est triste sans |
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| culture. Et pour ne rien gâcher, la rentrée se fait ramadanesque. La chute nen est que plus rude. Septembre rimera cette année avec harira and co. ça nous changera au moins. Du Boulevard, du festival du cinéma dauteur, de celui de Khouribga, de Rihanna. Question à deux balles : qui a dit que jeûne ne pouvait pas rimer avec culture ? Mais si mais si. Y a la télé. Mais depuis quand la télé cultive-t-elle, ici et ailleurs (Arte peut-être, pour ceux qui la captent) ? Imaginez juste un Mawazine en plein mois sacré
Au moins, pendant une semaine, on diminuerait limpact débilisant donc dangereux de nos deux chères chaînes de télévision (ceci est une autre histoire), qui, au passage, ont préféré jusque-là un motus et bouche cousue absolu sur leur programmation du ramadan. Maintenant, y a moyen de voir les choses autrement. Oui, il y a moyen de se cultiver en septembre prochain. Se taper une flopée de DVD, réviser Chahine en noir et blanc, puis pour une fois, profiter du temps qui coule doucement pour se perdre dans un bon livre. Pour ça, on peut même vous conseiller dexcellents romans américains (pages 118-120). Alors, oui, la culture est soluble dans la harira. |
Sortie. Jackpot entre potes
Petit génie du prestigieux MIT à Boston, le sage Ben Campbell est abordé par un groupe détudiants (dont la fille de ses rêves) qui, as des maths besogneux comme lui la semaine, se font des millions à Las Vegas le week-end grâce à une technique aussi infaillible quillégale : le comptage des cartes au Black Jack. Sil cède à lappel du tapis vert en espérant uniquement payer ses études de médecine à Harvard, Ben se glisse peu à peu dans une double vie, plus lourde à porter quun costard Armani
Elle a beau être tirée dune histoire vraie, cette adaptation du best-seller Bringing down the house est émoussée de petites invraisemblances pas très graves, sur fond dune trame somme toute fort hollywoodienne servie par la mise en scène classique mais efficace de Robert Luketic. Entre Casino et Oceans 11 version teenagers, Las Vegas 21 se laisse apprécier sans vibrer, hormis le plaisir de retrouver le savoureux Kevin Spacey (American Beauty) auprès dune découverte convaincante, Jim Sturgess (Deux surs pour un roi).
Las Vegas 21, au mégarama.
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Exposition. 8 sur 8
Le Festival estival dAsilah souvre au design. 8 designers, Asilah 2008 regroupera quelques-uns de nos plus talentueux artistes. Fadila El Gadi (créatrice de mode très présente dans le Nord puisquelle vient douvrir à Tanger sa deuxième boutique, à lhôtel Minzah), le Marrakchi très casaoui Amine Bendriouch (Stounami), Khadija Kabbaj, Soumya Jalal Mikou, Karim Alaoui, Réda Bouâmraoui, Hicham Madi et Saïd Mahrouf exposeront leurs travaux au Centre culturel Hassan II, où se côtoieront meubles dart, créations de mode, bijoux, etc. Une exposition à la mesure du talent des 8 designers, qui débutera le 3 août pour se terminer le 30. |
Festival. Tafraout, capitale amazighe
Troisième édition pour le festival de la capitale de lAnti-Atlas, Tifawin, qui devient le passage obligé des arts amazighs, du 10 au 16 août, en prenant le parti de plaider pour une ruralité plus attractive. Sil propose encore une fois, sous la direction artistique de Abderrahmane Habou du groupe Imghrane, une programmation musicale qui devrait ravir le public (Rouicha, Oudaden et la légende du Souss Izenzaren, entre autres), le festival multiplie les activités parallèles. À commencer par les Olympiades du Tifinagh, un concours national de dictée pour promouvoir la culture amazighe. Egalement au programme, des compétitions sportives, du théâtre en plein air, une foire et des expos pour promouvoir les arts et produits du terroir, ainsi quun axe citoyen autour dactivités à thématiques environnementale, médicale, sociale ou solidaire
Au total, ce sont près de 350 artistes et 300 jeunes sportifs qui investiront Tafraout quelques jours durant. Rendez-vous est pris. |
Un grand est parti. LAdieu à Chahine
Au-delà de la disparition de lhomme, du cinéaste, la mort de Youssef Chahine sonne définitivement le glas dune époque : celle des glorieuses années 50, 60 et 70 en Egypte. Chahine était le dernier géant de cet âge dor de la culture égyptienne et arabe. Chahine appartenait à ce temps révolu dOum Kalthoum, Abdelhalim Hafez, Nagib Mahfouz, Chadi Abdessalam, etc.
Le cinéma de Chahine a toujours épousé son temps et tenté dapporter des réponses aux crises qui secouent la société égyptienne. Il concevait son art comme une forme dengagement pour pouvoir transformer le monde et le rendre meilleur. Pendant plus dun demi-siècle dactivité artistique, Chahine na eu de cesse de défendre les valeurs humanistes qui lont toujours animé : lacceptation de la différence, le respect de la dignité humaine et le refus de se ferrer dans une identité religieuse, nationale ou ethnique aliénante. Dans Saladin, Chahine mettait en relief la nécessité dune cohabitation pacifique entre les différentes religions. Le destin sattaquait au fanatisme religieux et au dogmatisme qui refuse tout recours à la raison. Son dernier film, Le Chaos, est une charge contre lEgypte de Moubarak, écrasée par la répression et la brutalité policière. Lapport de Chahine au cinéma arabe est mesurable à laune de sa créativité artistique et de son innovation. Youssef Chahine était un iconoclaste, un innovateur et un passeur didées. Au début de sa carrière, il sortira des sentiers battus du classicisme qui dominait le cinéma égyptien de lépoque, pour scruter dautres horizons. Gare centrale, réalisé en 1958, lorgnait du côté du cinéma italien et sinspirait du néoréalisme de Roberto Rossellini et Vittorio de Sica. Une veine que le réalisateur égyptien retrouvera quelques années plus tard, dans son chef duvre La terre, et dans le crépusculaire et pessimiste Le retour de lenfant prodigue. Merci lartiste. |
Rap. H-Kayne de neuf ?
HK 1426 plus trois ans, cela donne une longue attente de nouveaux titres, que le quatuor de Meknès aura bientôt comblé avec un troisième album fait maison, après une expérience plus commerciale (chez Platinium) conçue sans regrets comme un passage obligé. De retour en indépendants, H-Kayne révèle deux amuse-gueules, qui, sils ne révèlent pas forcément le futur opus, avertit Hatim Bensalha aka HB2, nen sont pas moins équilibrés : un chant despoir dans le Rnbisant La Tiass (Ne désespère pas), featuring Oum, jeune mère portant bien son nom, et un coup de gueule au son plus dirtysouth avec LBrigade, parce quon a rien contre la police sauf quand elle est hors-la-loi. Deux morceaux aux instrus signés Hammadi Boujemal, pote du groupe meknassi, installé aux Etats-Unis. |
Statut. Reconnaissance officielle
Chanteurs, danseurs, auteurs ou acteurs disposent désormais, à partir du 1er août, dune carte dartiste. Ce bout de papier administratif, délivré par une commission et signé du ministre de la Culture, qui tiendra lieu de reconnaissance individualisée, se veut laboutissement dun processus engagé en 2003 avec la promulgation de la loi sur le statut de lartiste. Mais ces cartes restent un premier pas, car pour lheure, quid des bénéfices accordés par la carte dartiste, en termes dimpôts ou davantages sociaux. Autre avancée dans ce domaine, la mise en place effective il y a quatre mois dune mutuelle des artistes. Nous comptons déjà 500 bénéficiaires et nous comptons atteindre le millier dadhérents pour lannée 2008 et 6000 adhérents dici à 2013, indique son président, Mohamed Qaouti. |
Peinture. Vague à lâme
Il semble aujourdhui incroyable que Mohamed Melehi ait fait, dans une vie antérieure, des photos de mode à New York. Resté grand passionné de photographie (quil a dailleurs enseignée à lEcole des Beaux-Arts de Casablanca), cest sa carrière picturale égale et prolifique qui en a fait lune des valeurs sûres des arts plastiques. Ce Zaïlachi dorigine a sa marque de fabrique : ses vagues et vaguelettes aux mille couleurs nont pas pris une ride. Répétitif Melehi ? Certains le penseront. Dautres verront dans son motif récurrent, des ondes libres que rien ne retient, un lyrisme et une poésie rares. Ses ondes sont des odes à la féminité (ses lignes courbes rappellent le corps de la femme), et il ne sen cache pas. La preuve par cette exposition tangéroise.
À la galerie Linéart, Tanger, jusquau 7 août 2008.
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Humeur.
Le dîner de cons
Alors quil était considéré comme le dessus du panier au Maroc, un ami fassi nous a raconté un jour comment il a découvert nêtre quun bohémien aux yeux de la vieille aristocratie française. Invité à dîner chez une famille dhéritiers du bordelais, enrichis dans le commerce du vin, il a entendu son hôte crier Idriss, en regardant en direction du couloir. Lair de rien, entre deux grands crus. Ah, vous avez invité un autre Marocain, a demandé lami. Un museau a surgi subitement du couloir. Au bout du nez, aucun compatriote, plutôt le caniche nain de la famille. Un asticot sur pattes dénommé ainsi en hommage au fondateur de la ville de Fès et premier sultan du Maroc, a expliqué le maître des lieux à son gentil comparse marocain. Il avait voulu ainsi rendre hommage à ce pays si accueillant où il passait de si agréables vacances, a-t-il ajouté juste pour la route. Les 1200 ans de Fès se sont écroulés subitement dans la gamelle du chien, lami fassi découvrait ce sentiment amer : être le âaroubi des autres. Il se mit à apprécier son repas du dimanche dans le bordelais, comme ces mendiants que sa famille nourrissait le vendredi, par charité musulmane. Sauf que là, cétait lui le pauvre adopté le temps dun déjeuner par charité chrétienne, la bonne action à accomplir pour le voisinage - et accessoirement pour Dieu. Cette découverte a rendu notre ami perplexe. Plus aussi sûr dêtre bien né, il est devenu moins fassi et davantage marocain. Fréquentable... |
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Slam&Klam, version 2
Retour du festival Slam & Klam (qui nous avait gratifiés lannée dernière des excellents Last Poets et Naab) du 12 au 14 septembre à Fès, sous la direction artistique de Karim Rafi aka Zayan Freeman, avec notamment la création Djazzal entre le trio jazz expérimental suisse Plaistow et le rappeur Mobydick. De la balle.
Palmarès
Le Festival du cinéma africain de Khouribga a récompensé deux films marocains. Le long-métrage En attendant Pasolini de Daoud Aoulad Syad a obtenu le prix de la cinéphilie marocaine et celui du scénario. Où vas-tu Moshé ? de Hassan Benjelloun a remporté celui de la meilleure image.
Darga Tour
Cest bien connu, Darga résiste à tout, et même au soleil ! Après leur concert du 2 août au Théâtre Royal de Marrakech, les Wlad Chaâb Sound System se transformeront en panneau solaire, propageant leur énergie le 9 août au festival de Vigo en Espagne, le 21 au festival des Jeunes Talents dEssaouira et le 22 août à Settat. |
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