Audiovisuel. À vos marques, prêts, partez !
Témoignages. Abraham Serfaty, par ses compagnons
Politique. Les derniers exilés
Tindouf. Le débat est ouvert
Sport. Nos chances à Pékin
Barack Obama. Israël, les Arabes et lui
Au Maroc aussi... La folie Obama
A Moroccan dream
Developpement. Les 12 travaux du royaume
Saïd Taghmaoui : "J'ai toujours revendiqué mes origines"
Cinéma. Silence, on coupe !
Livre. Allah m'est témoin...
Hommage. Adieu Leftah
N° 335-336
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Les voyants financiers
de l’OCP sont au vert.
(AFP)

OCP. Leader pour toujours ?


Mustapha Terrab commence à voir le bout du tunnel. L’augmentation des prix des matières premières, notamment ceux de l’ammoniac (indispensable à la fabrication d’engrais), a redonné un souffle aux résultats de l’Office chérifien des phosphates (OCP). Pour les six premiers mois de l’année, les profits ont plus que doublé. Les liquidités engrangées depuis 2007 permettent dorénavant à l’OCP de financer ses caisses de retraite et d’éponger ses dettes. Du coup, la CDG (Caisse de
dépôt et de gestion) n’a plus de raison de voler au secours de l’Office. La Caisse devait en effet entrer dans l’actionnariat de l’OCP au cours de sa prochaine transformation en société anonyme. Aujourd’hui, sans vouloir s’étendre sur le sujet, Terrab parle d’un nouveau type de partenariat avec Mustapha Bakkoury (patron de la CDG).

Dans cet élan de confiance, sa stratégie prend forme. Elle porte désormais un nom : “Leadership 2009”. Six milliards de dollars seront investis d’ici 2020 dans la construction d’une dizaine d’usines clés en main à proposer aux géants mondiaux des fertilisants. Plus de deux milliards de dollars seront déboursés pour le pipeline qui reliera Jorf Lasfar à Khouribga. Objectif : contenir la concurrence internationale. La Jordanie, le Pérou ou encore la Tunisie s’organisent pour produire à plein régime des engrais de phosphates. À titre d’exemple, l’Arabie Saoudite met sur la table plus de 5 milliards de dollars pour atteindre une capacité deux fois plus importante que celle du Maroc. Terrab, lui, compte faire passer la production nationale de 33 à 55 millions de tonnes. Le mot d’ordre est clair, le Maroc doit rester le premier exportateur mondial.


FMI. Les compliments de DSK

Visiblement, Dominique Strauss-Kahn (DSK) est fier de son pays natal. Le directeur général du FMI (Fonds monétaire international) n’a pas tari d’éloges sur la situation économique du Maroc à l’issue de sa rencontre, la semaine dernière, avec le ministre des Finances. Strauss-Kahn a profité de sa présence à Marrakech pour l’anniversaire de sa femme, Anne Sinclair, pour rendre visite à Salaheddine Mezouar. Il a pronostiqué une croissance de 6,5% pour 2008, et précisé que la conjoncture internationale n’a pas favorisé de meilleurs résultats. Pour lui, le mérite revient aux réformes économiques entreprises par le royaume. Une façon de remercier le pays qui l’a soutenu pour sa candidature à la direction du FMI ? Pas vraiment, puisque DSK a quand même opposé des réserves sur les points qui ralentissent le développement du Maroc : les subventions publiques qui défavorisent l’alphabétisation et la santé.


Investissements. L’argent coule à flots

Lundi 28 juillet, sous l’œil de Abbas El Fassi, la Commission ministérielle des investissements a estampillé d’un “OK” 16 projets. Plus de 20 milliards de dirhams seront injectés dans l’économie, dispatchés entre 6 régions du royaume. Depuis sa création en 1999, la Commission a donné son accord pour 421 projets évalués à près de 280 milliards de dirhams. La teneur des projets peut s’assimiler à un baromètre des secteurs en bonne santé au Maroc. C’est donc tout naturellement le tourisme qui se taille la part du lion avec le tiers des investissements, suivi de l’agriculture, de l’aménagement des zones économiques et de l’industrie minière, reléguant le textile à la dernière position. Du côté de la primature, on se frotte les mains. Cette séance d’approbation a permis au gouvernement de signer pour 6000 emplois.


Maroc Telecom. À la conquête du Mali

Après Attijariwafa qui est entrée en force dans le capital de la BIM (Banque internationale du Mali), c’est au tour de Maroc Telecom de convoiter le marché malien. La filiale la plus rentable de Vivendi a de fortes chances de s’installer dans ce pays de plus de 14 millions d’habitants, selon les derniers chiffres officiels datant de 1998. L’annonce a été faite par Abdeslam Ahizoune qui revoyait son business plan à la hausse le 29 juillet dernier, pour la présentation des résultats semestriels. Pourtant, même si les chiffres sont en hausse de 10% par rapport à l’année dernière, l’apport des filiales mauritaniennes et burkinabaises a baissé. Pire, le résultat opérationnel de Gabon Telecom a terminé le semestre dans le rouge. Ça doit être le prix de la conquête africaine.


Céréales. Menace exécutée

Il l’a dit, il le fait. Aziz Akhannouch compte bien mettre un terme à la spéculation sur le blé tendre. À partir du 16 août, les droits de douane sur l’importation des céréales seront suspendus. Une parade du ministère de l’Agriculture aux intermédiaires qui ne mettent pas sur le marché toute la quantité de blé disponible. La mesure s’impose d’autant plus que le ramadan approche : la consommation des produits alimentaires explose durant le mois sacré et l’offre a déjà du mal à suivre le rythme. Malgré la hausse des récoltes, comparativement à la saison précédente, la production reste inférieure de 27% à la moyenne des cinq dernières années. Cela dit, Akhannouch tient à rester grand seigneur. Il fixe le prix du blé tendre de 250 à 300 dirhams le quintal.



Pendant ce temps, le peuple…
Séjour de boss

Voyagiste attitré des big boss marocains, Azzedine vient de concocter un programme de vacances exceptionnel pour ses deux meilleurs clients : deux barons de l’immobilier en bisbilles pour une banale histoire de foncier. Azzedine compte bien les rabibocher grâce à son séjour personnalisé. Trois semaines en tête-à-tête sur un circuit plein de découvertes et de défis. Voici le programme :
Le 1er août. Transport par limousine jusqu’à Douar Lahouna, zone non identifiée de Casablanca.
Du 2 au 7 août. Séjour à “la baraque Izdihar”. Au menu : des cours d’initiation à la fabrication du “baghli”, stage de perfectionnement pour la distribution de bakchichs et surtout le concours de remplissage de dossiers Fogarim. Le gagnant aura le droit de déloger les habitants du douar pour construire 30 000 logements sociaux avec un SPA et un golf 27 trous.
Le 8 août. Transfert à bord d’une pelleteuse jusqu’à Marrakech avec nuitée dans le chantier du futur stade de la ville.
Du 9 au 13 août. Excursion dans le mont Toubkal. Lors de cette escalade, nos deux vacanciers relèveront le défi de déterrer un maximum de documents. Le premier arrivé au sommet décroche l’autorisation de construire du R+71 .
Le 14 août. Héliportage jusqu’à l’îlot Leila.
Du 15 au 20 août. Nuitées à la belle étoile avec initiation à la pêche aux moules. Il y a aussi le concours de construction de huttes sur pilotis résistant aux torpilles de fabrication espagnole. L’heureux vainqueur peut se payer les 50% restants du capital de Fadesa Maroc contre 2 cl de crème solaire.
Le 21 août. Remise des prix et signature de conventions avec l’Etat pour 20 milliards de dirhams.



OFF.

L’appui logistique aux accords de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis se concrétise. Le transporteur CMA CGM ouvrira une liaison directe entre Tanger Med et les ports de New York et Miami fin octobre. La fréquence promet d’être soutenue : le troisième armateur mondial vient de signer une joint-venture qui lui permet d’opérer dans un terminal à conteneurs à Miami, pour réduire la durée des opérations.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés