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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Illy Naït Lahcen

Télévision. Le menu cathodique

Sur nos deux chaînes, pendant ramadan, il y a à boire et à manger. Il suffit juste de bien manier sa télécommande. Florilège de ce qu’on vous propose de mieux.


La télé pendant ramadan, c’est un peu le digestif du jeûneur, qui le sort, doucement, de la torpeur post-ftour. La télé, il en raffole. Sur la table, comme sur le petit écran, il prend tout. Du coup, l’estomac lourd, il frôle souvent l’indigestion cathodique. Mais à bien y regarder, il y a moyen de passer un ramadan intelligent. Suivez le guide !

Côté téléfilms, à Rue El Brihi comme à Aïn Sebaâ, la confiance a été accordée à des réalisateurs chevronnés pour éviter les faux pas. Le premier samedi du mois (6 septembre) sur 2M, Canada Pronto, comédie intelligemment ficelée par Mohamed Achaour et interprétée sans fausse note par Fehd Benchemsi et Meriem Raoui vaut le détour. On y voit notamment Hassan Skalli dans sa dernière prestation. Un très bon moment, relayé le samedi suivant par Ghorob Achams, une histoire d’amour mise en scène par un Jilali Ferhati qui se fait rare. Kamal Kamal signe, lui, Regraguia et dirige, dans cette biographie de l’artiste-peintre marocaine, Fatéma Kheir, Mohamed Bastaoui et Rafik Boubker, comédiens qui déçoivent rarement (samedi 13 septembre). Al Aoula a mis également les bouchées doubles, confiant ses productions à Abdelhay Laraki, qui lui a concocté Mi Taja, avec Chaïbya Lâdraoui et Omar Sayed (lundi 8 septembre à 22h30), à Mohamed Abderrahmane Tazi (Khaït El Behrar) et à Hakim Noury (Addahaya), les lundis suivants à la même heure.

Du bon cinéma !
Si les programmateurs des salles de cinéma préfèrent hiberner pendant le mois sacré, nos deux chaînes, elles, diffusent des longs-métrages à voir (ou à revoir) absolument. Côté productions nationales, 2M nous gratifie tous les mardis de très bons crus : Mémoire en détention, de Jilali Ferhati, est indubitablement ce qui a été fait de mieux sur la période des années de plomb (9 septembre), suivi de Moroccan Dream, de Jamal Belmejdoub, de Tilila, de Mohamed Mernich et, surtout, de l’ultra-primé Cœurs brûlés, d'Ahmed Maânouni. Pour rattraper le retard sur ce volet, la première chaîne propose des soirées cinéma de haut vol tous les mercredis à minuit trente, spécial dédicace aux insomniaques : deux excellents films du duo Sydney Pollack-Robert Redford, Out of Africa et Havana, ainsi que les inoubliables Les Vikings et Spartacus, portés à bout de bras par Kirk Douglas. Les deux chaînes se déclarent une guerre ouverte de l’audimat et ont vu juste en proposant une sélection 100% Bollywood, qui ne manquera pas de ravir les amateurs du genre. 2M rend hommage à Amitabh Bachchan en quatre films (tous les jeudis) et les samedis soir sur Al Aoula seront indiens ou ne seront pas.

Le retour des Egyptiens
Les chaînes arabes satellitaires n’ont qu’à bien se tenir ce ramadan, nos deux chaînes ayant décidé de faire la part belle aux feuilletons égyptiens. De quoi nous rappeler la belle époque d'Achahdou Oual Assal (fin des années 80) et des cinq saisons de Layali Al Hilmya (début des années 90). Une kyrielle de stars et pas des moindres vous accompagneront durant tout le mois : Al Aoula mise tous les soirs, à 20h15, sur Nour Chérif dans la deuxième partie de Addali, quand 2M opte pour Ilham Chahine et Mustapha Fahmi (Qissat Al Amss), et pour l’infatigable Yahya Al Fakharani (Charaf Fath Al Bab). Nostalgiques, ceci est pour vous : la saga Smahane, feuilleton qui revient sur l’incroyable et mystérieuse vie de la diva (tous les jours avant le ftour sur 2M), la série de trois documentaires sur le cinéma musical arabe des années 40/50, diffusée de Aïn Sebaâ tous les samedis à 1h30 (un peu tard, certes…). Enfin, puisqu’il fallait bien y venir, préférez à toutes les tentatives ratées de sitcom et de capsules humoristiques les 5 minutes de Dahk Louala (L’humour des anciens), qui nous rappellent, sketchs de Abderraouf ou de Qachbal & Zaroual à l’appui, qu’à une époque révolue, la télévision pouvait encore nous faire rire.

 
 
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