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N° 337
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Le cinéma, c’est toute ma vie”

Mohammed Bakrim, Chargé de
communication du CCM
(TNIOUNI)

Antécédents

1962. Naissance à Casablanca.
1986. Maîtrise de littérature française à la faculté de Nancy.
1990. Collabore à Libération en tant que critique de cinéma.
1991. 3ème cycle de sémiologie du cinéma à l'Université Hassan II, à Casablanca.
2004. Rejoint le CCM (Centre Cinématographique Marocain) en tant qu’assistant du directeur général.
2006. Prend le poste de chargé de la communication du CCM.

Smyet Bak ?
El Houssine Bakrim.

Smyet mok ?
Fadma Redouani.

Nimirou d’la carte ?
W 987.

Comment se passe ce ramadan ? ça bosse dur ?
Avec l’horaire continu, ça change peu de choses finalement. Sauf que j’ai plus de temps pour regarder des films.

Vous les achetez à 10 dirhams à la souika ?
Ah ça non ! Mon lecteur DVD est complice du CCM : il n’accepte que des DVD originaux.

À part ça, vous digérez bien la harira ?
Ah moi, quand la table est riche, je suis du genre à me laisser aller.

Avec votre travail, un coup vous êtes en Afrique du Sud, une autre fois en Allemagne. On s’éclate au CCM…
Vous savez, on aime le cinéma, et il nous le rend bien. Avant, le cinéma était ma maîtresse, aujourd’hui, c’est ma seconde épouse (rires). Pour revenir aux voyages, je suis pas mal appelé à vadrouiller en tant que chargé de communication du CCM, mais aussi en tant que critique de cinéma.

Justement, vous pensez quoi du cru 2008 du cinéma marocain ?
Je vais répondre de manière diplomatique. Tous les films naissent égaux, après, il faut leur laisser le temps
de grandir.

Attention, ça ressemble à de la langue de bois, pour un critique de cinéma…
Ce n’est pas ça. Il est vrai que je garde de très bonnes relations avec les cinéastes marocains, mais je préfère
ne pas me prononcer pour les films en salle. Je dois les laisser faire leur chemin.

Soit. Parlons alors de la fournée 2007. Vous avez flashé sur quel film ?
Il y a eu En attendant Pasolini, de Daoud Aoulad Syad, ou encore WWW What a wonderful world, de Faouzi Bensaïdi. Ces deux films relèvent du cinéma d’auteur. Et il ne faut pas oublier Où vas-tu Moshé ?, de Hassan Benjelloun et Adieu mères, de Mohamed Ismaïl, qui traitent tous deux de l’exode des juifs marocains.

Et comment va le cinéma marocain, plus généralement ?
Il est à l’image du Maroc d’aujourd’hui : beaucoup de promesses et pas mal de points noirs. Mais je reste optimiste pour les deux. Cette année s’annonce intéressante. Actuellement, il y a 10 films en phase de finition, parmi lesquels l’excellent Number One de Zakia Tahiri.

Certains estiment que vous êtes l’homme à tout faire de votre patron Noureddine Saïl. Que leur répondez-vous ?
Dès qu’une relation humaine s’instaure entre deux personnes, on trouve toujours à y redire. Nourreddine Saïl a beaucoup fait et continue à beaucoup faire pour le cinéma marocain. Cela dit, nous avons quand même des points de divergence…

Ah bon ? Dites-nous tout…
Je suis un fan du Barça, alors que lui supporte une équipe dont je ne prononcerai même pas le nom (rires).

Au CCM, la commission de visionnage fait le tri entre le bon grain et l’ivraie. Sur quelle base décidez-vous de censurer un film ?
C’est assez simple, quand une scène sexuelle est floue, le film est interdit aux moins de 16 ans, quand c’est trop net, trop visible, on fixe la limite d’âge aux plus de 18 ans. Personnellement, je suis pour la liberté totale. Je fais confiance au regard, pas à ce qui est regardé.

Mais tout de même, la censure bride la création, non ?
Au regard des films qui sont sortis, j’ai tendance à penser le contraire. Je trouve qu’il souffle un vent de libéralisation. Je vois certains titres de presse aborder des sujets sensibles comme le salaire du roi, par exemple. Mais en ce qui concerne les libertés individuelles, il y a encore du chemin à faire. Rappelez-vous l’épisode Marock, la critique n’est pas venue du CCM mais de personnes censées défendre la liberté d’expression.

Y a-t-il une vie après le CCM ?
Oui heureusement, mais pas après le cinéma. Le cinéma, c’est toute ma vie.

 
 
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