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N° 337
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Toile inédite de Mahi Binebine,
qui fera partie de l’exposition.
(DR)

Nouvel espace. Casa Galerie


Casablanca verra bientôt naître un nouvel espace consacré à l’art contemporain. Et il était temps. ça se passe depuis quelques années à Marrakech, et les Casaouis seraient presque jaloux de la ville rouge. La galerie d’art, l’Atelier 21, sise rue Aboulmahassen Arrouyami, ouvrira officiellement ses portes en octobre prochain. 180 m2 soigneusement aménagés par l’architecte Rachid Andaloussi. La galerie, c’est Aïcha Ammor qui l’a voulue. L’ex-directrice de communication de la Société générale (du milieu des années 80 jusqu’à il y a deux ans), a alors appelé Aziz Daki, universitaire, critique d’art et commissaire d’expositions ayant brillamment roulé sa bosse. “Je lui ai proposé d’être mon associé et il a dit oui tout de suite”, raconte-t-elle. Les deux passionnés d’art ont décidé d’unir leur expérience et leur savoir-faire. Un mariage professionnel dont l’issue est un projet des plus ambitieux. Sept à huit expositions par an, un catalogue pour chaque artiste, des artistes confirmés mais aussi des découvertes : “On y verra cette année des artistes qui n’ont jamais été vus à Casablanca”, précise Aziz Daki, confiant. Pour l’ouverture de l’Atelier 21, les deux associés ont vu grand
: une exposition rassemblant une quarantaine de travaux inédits (peintures, sculptures, dessins et lithographies) de Mahi Binebine, l’artiste-plasticien le plus côté du moment. “Et ce n’est que le début”, conclut Daki. Rendez-vous pris pour octobre.


Sortie. Une nounou d’enfer

Chez les “X”, famille huppée d’Upper East Side à Manhattan, Madame est acariâtre, Monsieur tyrannique. Reste un enfant en manque d’amour qu’une jeune nounou va révéler derrière sa carapace de gosse de riche. Pas n’importe quelle “nanny” : Scarlett Johansson. L’actrice campe la jeune Annie Braddock, jeune femme d’origine modeste mais pleine de ressources. Après des études d’anthropologie, poussée à travailler par sa mère, ce premier job lui offre finalement un terrain d’étude inouï. Et la belle nounou fera même craquer un étudiant de Harvard. Si le film compile beaucoup de caricatures des yuppies new-yorkais, toutes les situations sont inspirées d’un best-seller autobiographique. Entre humour, bons sentiments et réflexion sur la société, Le journal d’une baby-sitter est une comédie romantique divertissante. Et la mise en scène bien léchée par des réalisateurs venus du cinéma d’auteur séduira les moins accros au genre.

Le journal d’une baby-sitter, au Mégarama.



Télé. Chasse aux trésors à Marrakech

La ville ocre sera le théâtre, du 5 au 9 novembre prochain, d’une véritable chasse au trésor géante. L’émission canadienne “City Chase”, diffusée mondialement sur National Géographic Channel, y tournera en effet sa finale. Douze équipes de deux candidats venues des Etas-Unis, d’Australie, de France ou de Singapour seront lâchées dans l’ancienne médina et la nouvelle ville. Indices, épreuves, énigmes jalonneront leurs courses d’orientation marrakchies avec pour obligation de se déplacer à pied ou en transport en commun. Amateurs d’aventure, préparez-vous ! Une équipe marocaine sera conviée et 2M devrait retransmettre l’évènement.


Musique. Barry brille

Le dernier opus de Barry est, le moins que l’on puisse dire, ambitieux. 27 morceaux inédits écrits par l’artiste himself et qui ont demandé pas moins d’une année entre la composition (DJ Van a mis la main à la pâte) et l’enregistrement. Si le tout est presque prêt – reste quelques morceaux à mixer -, 17 morceaux seulement figureront sur l’album qui sera distribué avant la fin de l’année et dans lesquels l’artiste avoue avoir mis ses tripes : “J’y évoque ce qui ne va pas en nous avec mes mots et ma musique”. Côté guest stars : Steph Raggaman, Saïd Mosker, et Mobydick sont venus prêter main forte. Le titre de l’opus ? Tout vient à point à qui sait attendre !


Polémique. Alexandrie pourquoi ?

Prenez un festival et une déprogrammation de dernière minute, ajoutez-y une raison qui ne convainc pas grand monde, puis, versez petit à petit boycott, prix, refus, et encore un zeste de réactions enflammées. Vous obtenez le feuilleton culturel de l’été : What ever Lola wants, de Nabil Ayouch, retiré de la compétition du Festival d’Alexandrie. Officiellement parce que déjà projeté en de nombreux festivals. Officieusement parce que les personnages égyptiens, réac’ ou homosexuel, écorchent l’image d’Epinal ou pointent un tabou sauce égyptienne. Le réalisateur s’est déclaré surpris et inquiet d’un tel “dangereux précédent”. En soutien, Latif Lahlou a décidé de retirer son film Les Jardins de Samira. Car, ironie de l’histoire, le cinéma marocain était à l’honneur pour son cinquantième anniversaire. Mais, alimentant la polémique, le film reçoit tout de même le prix du scénario, refusé par le réalisateur, alors que Touria Jabrane, ministre de son état, faisait le déplacement et acceptait un hommage pour son parcours. Un scénario digne des feuilletons égyptiens !


Arts plastiques. Bouelouakar, l’écorché vif

Mohamed Abouelouakar est un artiste sans pareil. Rare, peu volubile, il fait partie pourtant de nos plasticiens les plus prolifiques. À son retour de Russie où il a suivi une formation cinématographique, il se saisit d’abord d’une caméra et réalise Hadda (1984), grand prix de la deuxième édition du Festival national du film marocain. Plus rien ne l’arrêtera puisqu’il s’attaquera plus tard à la photographie, à la vidéo (Le miroir enchanté), à la sculpture et à la peinture qui ne le lâchera plus. À cheval entre ses deux pays, natal et adoptif (la Russie), aucun format ni aucun support ne lui font peur. Son œuvre pourtant est unique, inspirée, quelle que soit sa forme, par les mythes populaires et le soufisme. Très onirique, on y retrouve anges et démons, corps humains et animaux étranges, objets insolites. Sa toute nouvelle exposition s’intitule La route de la soie.

Jusqu’au 30 septembre, à la Galerie Delacroix, Tanger.



Cinéma. Jamel, le retour

La rentrée sera cinématographique pour Jamel. Deux ans après Indigènes, le comédien confirme sa carrière d’acteur dans Parlez-moi de la pluie, une comédie française réalisée par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Il y incarne Karim, le fils de Mimouna, la femme de ménage que les Villanova ont ramenée avec eux d’Algérie, au moment de l’indépendance. Au travers de cette famille, le film dépeint l’humiliation ordinaire, lot quotidien de nombreux immigrés. Un thème d’actualité et une belle prestation pour le comédien. “Je n'avais jamais joué un adulte”, raconte-t-il. “C'est pour ça que je dis que c'était un rôle sur mesure : ils me connaissent bien, ils savaient que j'en étais capable !” La preuve à l’affiche, en septembre.


Toile. Pipole sur le Net

Cet été, un nouveau portail marocain a vu le jour sur le Net : marocmix.com, avec un œil à la place du o, dédié aux potins des stars marocaines (télé, musique, radio, cinéma…). Si on n’y apprend pas grand-chose sur le film Kandisha, on découvre au détour d’une kyrielle de mini interviews que le comédien Driss Roukhe n’a jamais reçu le cachet qu’il demandait aux productions avec lesquelles il a travaillé, que Steph Raggaman adore le chaâbi, que Don Bigg n’est pas encore mort et que le très mondain Simo Benbachir, président de Ruban Rouge, s’est fait arrêter par la police anglaise pour excès de vitesse. Des sondages sur les animateurs préférés des internautes y sont également lancés. En somme, plein de petites choses qui ne changent pas la face du monde, mais qui font un portail people très sympathique.


Insolite. Drôle de série

Depuis le 1er septembre, le site yabiladi.com héberge la première websérie marocaine intitulée Yah Biladi, créée et écrite par Ismaïl Saïdi (réalisateur et scénariste de la série Rhimou). Avec un nouvel épisode par jour, et ce durant tout le mois de ramadan, des aventures de Hicham et de Mokhtar, l’OVNI a de fortes chances de faire parler de lui. Forcément, tous les ingrédients y sont réunis : capsules de trois minutes finement ficelées, personnages attachants et humour efficace. Vous n’avez qu’à jeter un œil sur l’épisode intitulé Un poulet public aux olives pour devenir tout de suite accro. Nec plus ultra, Yah Biladi est visible à n’importe quelle heure de la journée et les épisodes diffusés resteront disponibles sur le site. À consommer sans modération.



Humeur.
L’été indien

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Assis à une terrasse d’Asilah, on peut boire en plein chaâbane et fêter l’été finissant avant les grands frimas d’un hiver précoce : le ramadan. Grâce à cette tolérance touristique, il est possible d’oublier les nouvelles du mois sacré qui vous rattraperont en septembre, les “8 œufs et 2,5 litres de lait pour chaque Marocain”, comme a titré Aujourd’hui le Maroc. Appréciant cette dernière fenêtre de tir, les clients des restaurants avec licence d’alcool s’oublient au soleil dans des repas arrosés s’étirant toute l’après-midi. Certains même débattent d’un thème aussi vain que l’interculturalité, le fond de commerce du Festival d’Asilah chaque été. Autant dire que personne n’y met beaucoup d’entrain. Non, tout le monde préfère se dorer en terrasse, une bouteille de vin à portée de main, les doigts de pied en éventail. Les mots, ce sera pour la rentrée. En été, place aux actes et à la véritable rencontre des civilisations. Celle des buveurs et des spectateurs qui les croisent en allant et en revenant de la plage. Les premiers regardent les chalands comme des comparses mettant de la vie dans le paysage. Les seconds jettent un regard mauvais sur ces mécréants. Et puis, il y a les enfants des comparses qui n’ont pas encore d’opinion. Ils vous sourient au grand désarroi de leurs parents qui, pour un peu, leur interdiraient de faire risette aux canards boîteux. Aux derniers apaches…



Fiesta
Barcelone vivra de folles nuits ramadanesques, du 26 au 28 septembre. Musique et gastronomie se mêleront dans la ville catalane pour cette première édition, visant à faire découvrir la culture musulmane. À noter, la présence des artistes marocains Daoudi, Aïssawas et Hadj Saïd Berrada.


Soutien
Le Maroc bénéficiera du soutien financier de l’Union Européenne pour la promotion, la distribution et l’exploitation de ses œuvres cinématographiques, notamment à travers des festivals. Un projet français, en partenariat avec des acteurs locaux, a en effet obtenu à cette fin plus de 700 000 euros d’aides.


Les filous !
Gad Elmaleh n’a pas fini d’user les planches avec son dernier one-man show, Papa est en haut, que le DVD pirate du spectacle est déjà sur les étals de Derb Ghallef ! Les pirates, conscients de la popularité de l’enfant du pays, se sont vite débrouillé l’enregistrement d’une représentation.

 
 
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