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Par Mohammed Boudraham
COMMUNALES. Le choc des mairies
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Un militant du PJD proteste contre la réélection du président du conseil de la ville de Casablanca. (TNIOUNI)
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Calculs et pressions politiques, alliances qui se font et se défont
lélection des présidents des conseils de ville na pas été une partie de plaisir, surtout pour les deux gros calibres de la politique nationale : le PAM et le PJD.
La nouvelle coqueluche du Parti authenticité et modernité ne sappelle plus Kaoutar Benhammou, heureuse candidate à Bouknadel, mais Fatima Zohra Mansouri. Cette avocate, spécialiste en droit commercial, a été élue maire de Marrakech en début de semaine. En battant le |
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maire sortant, Omar Jazouli, par 54 voix contre 36, elle est devenue la première femme présidente dun conseil de ville au Maroc. Une victoire arrachée de haute lutte puisque le PAM a émis un communiqué condamnant lagression des membres de son alliance marrakchie par des individus munis de fusils et de munitions. Certains ont même été arrêtés par la police.
Le parti de Si Fouad a également créé la surprise à Tanger en brisant lalliance qui sétait formée autour du candidat RNI, Youssef Benjelloun. A lissue dun vote marathonien de trois tours, cest finalement Samir Abdelmoula, homme daffaires de 37 ans (le plus jeune maire du Maroc), qui remporte la ville du détroit. Comment a-t-il fait, alors que la liste PAM na obtenu que 7 sièges sur 83 à Tanger ? Allez demander à ceux qui disent avoir subi des pressions den haut, semporte le député PJD, Mohamed Najib Boulif. Selon le parti islamiste, ce genre de pression est loin dêtre une exception tangéroise. Fouad Ali El Himma pratique du terrorisme politique. Cest un éradicateur qui porte atteinte à la démocratie et à tous les partis politiques réunis. Nous comptons dailleurs saisir Sa Majesté pour mettre fin à ces pratiques scandaleuses, a affirmé Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, lors dune conférence de presse improvisée en début de semaine dernière à Rabat.
Sajid allié au PAM
Cest quà partir de lundi 22 juin, le parti islamiste a vu toutes ses alliances voler en éclats. Dabord à Tanger, puis à Casablanca, où le maire sortant Mohamed Sajid, décide, quelques heures seulement avant le vote, de changer de coalition, préférant le tracteur du PAM à la lampe du PJD. Sajid ma personnellement confié avoir subi des pressions qui le dépassaient, a indiqué Mustapha Ramid, élu islamiste à Casablanca. Le lendemain matin, une photo fait le tour des rédactions. On y voit Fouad Ali El Himma et Ali Belhaj (PAM), en grande discussion avec Karim Ghellab et Yasmina Baddou (Istiqlal) au domicile casablancais de Mohamed Sajid. Cest là où tout sest joué. Fouad Ali El Himma a personnellement tenu à convaincre Sajid que son alliance avec les islamistes nétait pas bien vue en haut lieu, déclare-t-on au sein du PJD. Le maire sortant de Casablanca est donc reconduit haut la main par 83 élus sur 115 voix exprimées. Mais le feuilleton casablancais ne sarrête pas là. Le PJD, qui a boycotté le vote pour le président du conseil, revient en force pour lélection du bureau. Et là, surprise : le parti islamiste décroche la vice-présidence du conseil de la ville de Casablanca. Quest ce à dire ? Ce nest que le résultat de la perversion du jeu démocratique, explique un dirigeant islamiste. Le principal opposant du président du conseil est paradoxalement son premier adjoint. Cest malheureux pour la ville, mais cest le PAM qui est responsable de ce genre de situation absurde.
Le même scénario se répète à Salé. Dès la proclamation des résultats, le PJD et lIstiqlal annoncent leur volonté de briguer, ensemble, la présidence du conseil. Les noms du Pjdiste Jamaâ Moâtassim et de lIstiqlalien Moncef Aouad circulent comme potentiels successeurs de lhomme à abattre : Driss Sentissi, candidat MP. Mais les divergences au sein de la famille istiqlalienne servent les intérêts du RNI et Noureddine Lazrak, pharmacien de profession, qui sempare du poste dans cette ville-bastion du PJD. Candidat unique, il rafle 83 voix. Allez savoir pourquoi et comment. A Témara, cest un autre putsch qui a zappé le PJD de la présidence de la commune. Menés par le maire sortant, le député Moh Rejdali, les islamistes étaient sûrs de revenir aux affaires. Sauf que cest le Haraki Mohamed Mellouki qui lemporte. Mais les conseillers PJD menacent de recourir à la justice.
Mini-sacre rbati pour le PJD
La formation de Benkirane serait-elle à ce point non indiquée pour la gestion des affaires locales ? Le Palais a-t-il réellement donné des consignes contre le parti islamiste ? Nous navons jamais dit cela, a expliqué Benkirane lors de sa conférence de presse. Des responsables du PAM terrorisent certains élus en parlant au nom de lEtat. Abdelwahid Khouja, membre du bureau politique du PAM, balaye toutes ces attaques. Ce ne sont que des supputations. Nous sommes un parti politique qui na jamais caché son ambition de faire barrage au projet politique islamiste et nous le faisons avec des moyens légaux et sans recourir à ce genre darguments fantaisistes, a t-il répondu sur 2M, lors de lémission Tayyarate.
A partir de mardi 23, le PJD reprend du poil de la bête et bétonne ses dernières coalitions. A commencer par celle, décisive, de la capitale. A Rabat, les islamistes opèrent un choix tactique en se retirant de la course à la mairie en faveur dun candidat USFP : Fathallah Oualalou. Objectif : barrer la route au maire sortant Omar Bahraoui, soutenu par la coalition PAM. Pari réussi puisque lancien ministre socialiste des Finances remporte la course à la présidence du conseil de la capitale par 47 voix contre 37. Quelques heures après, Abdelilah Benkirane rend une visite de courtoisie à Abdelouahed Radi, scellant ainsi une nouvelle alliance (longtemps convoitée) entre les deux formations. Fort du mini-sacre de Rabat, le PJD se lance à lassaut de Kénitra, quil remporte haut la main grâce à Abdelaziz Rebbah, ancien patron de la jeunesse islamiste. Plus au sud, à Agadir, une autre alliance a fièrement résisté à la déferlante PAM. Malgré les pressions exercées par le wali, le maire USFP sortant, Tarik Kabbaj, a rempilé grâce (encore une fois) au soutien du PJD, et dans une moindre mesure, de lIstiqlal. LUSFP et le PJD considèrent aujourdhui le PAM comme un ennemi commun et cherchent à lui barrer la route. Cela fait les affaires de lUSFP qui reprend ainsi des couleurs après ses multiples mésaventures électorales. Mais également du PJD, dont le secrétaire général na jamais caché son attirance pour le parti socialiste, analyse un observateur de la scène politique nationale.
Coup de maître de Chabat
A Fès, Hamid Chabat, le plus médiatisé des maires, réussit, encore une fois, un coup de maître. Fort dentrée de jeu des 57 voix istiqlaliennes, il lui a suffi de rafler quelques suffrages du FFD et du RNI pour semparer dun deuxième mandat. En colère contre les pratiques attribuées à Chabat lors du déroulement du vote, les conseillers PAM, PJD, PPS et USFP se sont retirés, menaçant de recourir à la justice. Non loin de Fès, le ministre istiqlalien du Commerce extérieur continue à négocier la présidence de la municipalité de Sefrou avec les conseillers socialistes. Abdellatif Maâzouz, avec huit sièges, devait tirer son épingle du jeu. A quelques kilomètres de là, Meknès est finalement tombée dans lescarcelle du PAM, qui succède ainsi au PJD, dont le maire Aboubakr Belkora a été démis de ses fonctions par le ministère de lIntérieur.
Au final, le match PAM PJD se termine sur un résultat pour le moins mitigé : le PAM a bien remporté Tanger, Marrakech et Meknès, mais le PJD pilote (dune manière ou dune autre) Rabat, Kénitra et Casablanca. Les prolongations promettent de tenir toutes leurs promesses. |
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Zoom. Ceux qui refusent de mourir
Sans faire trop de vagues, de célèbres figures continuent de mener leur barque. Passé inaperçu lors de la campagne électorale, Mohamed Benaïssa est toujours là. Lex-ministre des Affaires étrangères, candidat indépendant lors de ce scrutin, a été élu pour un énième mandat à la présidence de sa commune historique dAsilah. Le socialiste et ancien journaliste Ahmed Zaïdi ne lâche pas prise et, fort du soutien de sa tribu, rempile à la commune rurale de Cherrat, dans les environs de Bouznika. A lautre bout du pays, cest lhomme daffaires Hassan Derham (USFP) qui est élu pour un deuxième mandat à la commune dEl Mersa, près de Laâyoune. Tout prédestinait également dautres vieux routiers à revenir aux affaires dans plusieurs autres communes : le socialiste Abdelouahed Radi à Qssibiya dans le Gharb, le Rniste Mostafa Mansouri à Laroui (région de Nador) et Maâti Benkaddour, président de la deuxième chambre, à la commune rurale de Jaqma (région de Settat). |
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