N° 379
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Faute politique
Je lis régulièrement, j’apprécie TelQuel et en général je partage ses analyses. Là, pourtant, cela ne passe pas. L’éditorial du numéro 377 (“Pourquoi je n’ai pas voté”) est, pour moi, une faute politique. Sérieuse. L’abstention majoritaire qui a caractérisé les élections communales est, avant tout, une défaite de la démocratie. Que cela n’apparaisse pas à la direction d’un hebdomadaire qui a toujours mis en avant sa soif de démocratie me désole. Toute analyse sérieuse d’une situation politique donnée implique une attention vigilante à deux principes : d’une part, mesurer le chemin parcouru, et, d’autre part, éclairer les voies de nouvelles avancées. Si l’on néglige l’un des deux, soit on vise à côté, soit on glisse dans le conservatisme. Il me semble qu’à cette étape de l’histoire du Maroc, il faut savoir prendre la mesure du rapport de forces. Tout le “système” est-il à jeter aux orties ? N’y a-t-il rien de nouveau depuis dix ans dans ce pays ? Faut-il rappeler le temps où le résultat des élections était connu d’avance ?
L’essentiel à ce point de l’histoire est de consolider l’Etat de droit et, pour cela, contribuer à éclairer les consciences. Là-dessus, vous n’y avez pas du tout contribué.
Jawhar Vignet-Zunz, Rabat.

Je comprends votre position de principe, que je salue pour sa noblesse et son engagement. Mais parce que je vois la réalité en face, je maintiens ma position : je ne vote pas car je refuse l’ensemble du système, vu la manière dont il pervertit totalement l’idée de démocratie. Pour en avoir une petite illustration, je vous invite à lire mon édito de cette semaine. Bien cordialement.
ARB

Sauvons l’école
Le Maroc, pénalisé par la qualité de son système éducatif, est classé selon le PNUD 126ème sur 177 pays. En tant que collégienne, dans ce même bain où des personnes par milliers souffrent, je vais vous exposer mon point de vue. Les ministres, directeurs et responsables qui se succèdent occupent les mêmes bureaux, et tout comme les bureaux, notre système éducatif reste le même : toujours aussi calamiteux et désastreux comme le révèle le rapport du PNUD. Tous les indicateurs sont au rouge. Le phénomène d’arabisation a envahi tous les domaines d’intérêt, des maths aux sciences passant par la physique, arabisant chaque mot, chaque formule, chaque théorie, et ce depuis plus de 10 ans, pour que, en fin de compte, lorsque monsieur ou mademoiselle obtient son bac, il se retrouve inapte et perdu devant des programmes élaborés dans leur totalité en langues étrangères. Sans parler de la concentration infinie des connaissances dans nos manuels scolaires, dont le contenu s’avère supérieur aux capacités de l’élève. Le moins que l’on puisse dire aux responsables, c’est qu’une tête bien faite vaut beaucoup mieux qu’une tête bien pleine. Oublions les reformes et les politiques pédagogiques visant à former des machines et non des personnes. Je m’explique. Notre système vise des moyennes élevées. Et toute activité liée à la divagation, la réflexion, la créativité et l’imagination rime avec perte de temps. Dupe sera celui qui croit pouvoir décrocher de bonnes notes avec sa base intellectuelle et sa culture générale, car il suffit simplement, le jour J, de “recracher” le cours tel qu’il a été appris pour être en tête du peloton. Il est pourtant nécessaire et irrévocable d’intégrer les activités parascolaires au sein du parcours de l’élève, puisqu’elles lui permettent de s’évaluer selon d’autres types de critères que les notes. Quand est-ce que nos écoles formeront des individus susceptibles d’avancer et de faire avancer leur patrie ?
Sara Jourani, 15 ans, Youssoufia

La Botola avant tout
L'équipe nationale a fait match nul, samedi dernier, à Rabat face au Togo. La déception est grande : nos chances de qualification au Mondial se diluent. Les Marocains crient de nouveau au scandale, mais je me permets de m’interroger. L'équipe nationale d'un pays est le miroir de son football, et il n’est pas sûr que le niveau de notre championnat national mérite d’être représenté en Afrique du Sud parmi les grandes nations du foot. Ne serait-il pas plus judicieux de s'occuper de notre Botola ?
Mohamed Jad Nejjar, Rabat

 
 
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