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Faute politique
Je lis régulièrement, japprécie TelQuel et en général je partage ses analyses. Là, pourtant, cela ne passe pas. Léditorial du numéro 377 (Pourquoi je nai pas voté) est, pour moi, une faute politique. Sérieuse. Labstention majoritaire qui a caractérisé les élections communales est, avant tout, une défaite de la démocratie. Que cela napparaisse pas à la direction dun hebdomadaire qui a toujours mis en avant sa soif de démocratie me désole. Toute analyse sérieuse dune situation politique donnée implique une attention vigilante à deux principes : dune part, mesurer le chemin parcouru, et, dautre part, éclairer les voies de nouvelles avancées. Si lon néglige lun des deux, soit on vise à côté, soit on glisse dans le conservatisme. Il me semble quà cette étape de lhistoire du Maroc, il faut savoir prendre la mesure du rapport de forces. Tout le système est-il à jeter aux orties ? Ny a-t-il rien de nouveau depuis dix ans dans ce pays ? Faut-il rappeler le temps où le résultat des élections était connu davance ?
Lessentiel à ce point de lhistoire est de consolider lEtat de droit et, pour cela, contribuer à éclairer les consciences. Là-dessus, vous ny avez pas du tout contribué.
Jawhar Vignet-Zunz, Rabat.
Je comprends votre position de principe, que je salue pour sa noblesse et son engagement. Mais parce que je vois la réalité en face, je maintiens ma position : je ne vote pas car je refuse lensemble du système, vu la manière dont il pervertit totalement lidée de démocratie. Pour en avoir une petite illustration, je vous invite à lire mon édito de cette semaine. Bien cordialement.
ARB
Sauvons lécole
Le Maroc, pénalisé par la qualité de son système éducatif, est classé selon le PNUD 126ème sur 177 pays. En tant que collégienne, dans ce même bain où des personnes par milliers souffrent, je vais vous exposer mon point de vue. Les ministres, directeurs et responsables qui se succèdent occupent les mêmes bureaux, et tout comme les bureaux, notre système éducatif reste le même : toujours aussi calamiteux et désastreux comme le révèle le rapport du PNUD. Tous les indicateurs sont au rouge. Le phénomène darabisation a envahi tous les domaines dintérêt, des maths aux sciences passant par la physique, arabisant chaque mot, chaque formule, chaque théorie, et ce depuis plus de 10 ans, pour que, en fin de compte, lorsque monsieur ou mademoiselle obtient son bac, il se retrouve inapte et perdu devant des programmes élaborés dans leur totalité en langues étrangères. Sans parler de la concentration infinie des connaissances dans nos manuels scolaires, dont le contenu savère supérieur aux capacités de lélève. Le moins que lon puisse dire aux responsables, cest quune tête bien faite vaut beaucoup mieux quune tête bien pleine. Oublions les reformes et les politiques pédagogiques visant à former des machines et non des personnes. Je mexplique. Notre système vise des moyennes élevées. Et toute activité liée à la divagation, la réflexion, la créativité et limagination rime avec perte de temps. Dupe sera celui qui croit pouvoir décrocher de bonnes notes avec sa base intellectuelle et sa culture générale, car il suffit simplement, le jour J, de recracher le cours tel quil a été appris pour être en tête du peloton. Il est pourtant nécessaire et irrévocable dintégrer les activités parascolaires au sein du parcours de lélève, puisquelles lui permettent de sévaluer selon dautres types de critères que les notes. Quand est-ce que nos écoles formeront des individus susceptibles davancer et de faire avancer leur patrie ?
Sara Jourani, 15 ans, Youssoufia
La Botola avant tout
L'équipe nationale a fait match nul, samedi dernier, à Rabat face au Togo. La déception est grande : nos chances de qualification au Mondial se diluent. Les Marocains crient de nouveau au scandale, mais je me permets de minterroger. L'équipe nationale d'un pays est le miroir de son football, et il nest pas sûr que le niveau de notre championnat national mérite dêtre représenté en Afrique du Sud parmi les grandes nations du foot. Ne serait-il pas plus judicieux de s'occuper de notre Botola ?
Mohamed Jad Nejjar, Rabat |
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