Mer 22 Mai 2013
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Ils sont hommes d’affaires, hauts fonctionnaires, artistes talentueux… Tous sont aujourd’hui connus et reconnus. Tous ont su changer leur destin.
C’était dur, très dur d’identifier cinquante Marocains qui ont atteint le sommet en partant, la plupart du temps, de zéro. A croire que le “moroccan dream” ne devient que très rarement réalité. A croire que l’ascenseur social dans le plus beau pays du monde est toujours en panne entre deux étages, ou alors qu’il ne fonctionne que vers le bas, plus rarement vers le haut. Mais peut-être aussi que les critères que nous avons fixés ne facilitent pas la tâche. Nous avons écarté, par exemple, toutes ces gloires sportives nationales qui n’ont pas fait de véritables carrières une fois qu’elles ont raccroché les crampons. Cela réduit considérablement la liste des candidats. Exit, aussi, tous ces ministres actuellement en poste (des pjdistes dans leur majorité), même s’ils ont réalisé un succès populaire incontestable en remportant les élections législatives… Nous estimons qu’ils auront réussi s’ils laissent derrière eux des réformes capitales pour ce pays. Dans la caste des politiques, nous n’avons retenu que quelques rares élus au profil surprenant, au parcours (d)étonnant… En revanche, dans cette liste des cinquante, on retrouve pas mal d’artistes qui, par leurs œuvres, marquent le Maroc d’hier, d’aujourd’hui et sans doute celui de demain. Sans oublier les hauts commis de l’Etat qui ont gravi les échelons, à force de travail et de dévouement. Et les businessmen, bien entendu. Certains sont de grandes fortunes du pays, d’autres sont à la tête de PME pétillantes, innovantes…
Ces femmes et hommes ont tous un point commun : rien ne les prédestinait à connaître une ascension sociale marquante. Certains ont grandi dans la misère la plus absolue, d’autres, légèrement mieux lotis, ont eu la vie un peu plus facile, mais ont su capitaliser sur leur instruction ou sur leur héritage pour réussir. Ils sont des success story marocaines, des modèles dont il faut s’inspirer pour continuer de s’accrocher à l’espoir qu’un jour ce pays trouvera la bonne formule, pour libérer les énergies et le potentiel de sa jeunesse. Qu’un jour, les réussites individuelles ne se comptent plus en dizaines, mais en centaines, en milliers. Amen.
Hamid Chabat : Maire de Fès
Le Walesa de Fès
Toutes proportions gardées, il est à Fès ce que le président Walesa est à la Pologne. Comme le célèbre Lech, il a commencé comme simple ouvrier avant de monter en puissance et de devenir la terreur de ses rivaux politiques. Pourtant, rien ne destinait cet enfant de Braness, une tribu près de Taza, à devenir le “roi de Fès”. Arrivé dans la capitale spirituelle en 1970, à 17 ans, pour suivre une formation à l’Institut de technologie appliquée, il entre dans la vie active deux ans plus tard, à la SIMEF (Société des industries mécaniques et électriques de Fès), en tant que mécanicien tourneur. Mais c’est le syndicalisme qui lui ouvre toutes les portes. Responsable local pour l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc), il se lance en politique et finit au parlement -qu’il n’a pas quitté depuis 1997- et au poste de maire de la ville spirituelle, qu’il occupe depuis 2003. En 2006, il réussit même à prendre la direction de la centrale syndicale. A l’Istiqlal, où il fait la pluie et le beau temps, il faudra compter avec lui pour le prochain congrès, prévu à la fin de ce mois.
Moulay Messoud Agouzzal : Président du groupe Agouzzal
Moul l’carrossa
Tous les Meknassis connaissent l’histoire de Moulay Messoud, ce vendeur ambulant d’huile d’olive devenu une des plus grosses fortunes de la région. Dans les années 1970, cet homme de petite taille et analphabète venu du Souss s’est imposé grâce à une marque d’huile, Bab Mansour. Puis dans les années 1980, le groupe a connu une extension fulgurante dans des secteurs très divers comme les tanneries, la chimie, la production de caoutchouc, la promotion immobilière, l’agro-alimentaire… Toutefois, à la fin des années 1990, le petit empire a commencé à connaître des difficultés financières qu’il n’arrivera jamais à surmonter. Les banques ont même dû saisir plusieurs biens fonciers des Agouzzal, dont le terrain sur lequel se trouve le siège de Chimicolor. Malgré tout, Moulay Messoud Agouzzal laissera à ses héritiers un pactole confortable, qui leur permet de vivre loin de la misère dont il a lui-même souffert.
Sghir Bougrine : Fondateur de Venezia Ice
Grâce à la glace
Né en 1962 dans le quartier populaire de Derb Soltane, à Casablanca, Sghir Bougrine est un élève doué. Après un bac en sciences maths, il se rend à Paris en 1985 pour faire une prépa aux grandes écoles d’ingénieurs. Mais, par manque de ressources financières, il rentre bredouille au pays. Un an plus tard, l’occasion de partir à nouveau en Europe se présente et il la saisit. Direction Amsterdam, cette fois, où il poursuit des études de management tout en travaillant dans une multinationale de distribution agroalimentaire. En 1997, il rentre au bercail et réussit, deux ans plus tard, à obtenir le financement d’un projet de café-glacier en plein cœur du Maârif. Avec un investissement de 9 millions de dirhams, il lance un concept new look qui révolutionne le goût des Marocains pour les glaces. Son enseigne, Venezia Ice, compte aujourd’hui 28 cafés-glaciers disséminés aux quatre coins du Maroc et va bientôt s’exporter au Maghreb, au Sénégal et au Moyen-Orient.
Najat Atabou : Chanteuse
De Khémisset à l’Olympia
L’interprète de Wakha j’en ai marre est tombée presque par accident dans la marmite de la chanson. En 1980, cette native de Khémisset qui rêvait de devenir une avocate célèbre est remarquée alors qu’elle chante dans un mariage. Elle ne sait pas alors qu’elle est enregistrée et que l’enregistrement sera mis sur le marché, déclenchant un véritable engouement. Problème, sa famille ne veut pas qu’elle devienne chanteuse. Mais la jeune Najat, 16 ans, n’a pas froid aux yeux et décide de fuguer vers Casablanca, où un producteur de cassettes la prend sous son aile. Le succès est immédiat, avec des tubes comme L'mmima ach dert ana ou encore Choufi ghirou. La machine de la célébrité est également enclenchée à l’international, avec un passage par l’Olympia, à Paris, en 1984. “Qui s’y frotte s’y pique”, telle est la devise de notre diva nationale, et les Chemical Brothers l’ont appris à leurs dépens : après une reprise non autorisée de la musique de Hadi Kedba Bayna, ils ont dû signer un gros chèque de dédommagement à notre Najat nationale.
Anas Alami : Directeur général de la CDG
Fils de postier devenu patron de la Poste
C’est dans une famille modeste, vivant avec un seul salaire, celui d’un père agent aux PTT, qu’est né le DG de la CDG, en 1968. Anas est un ould darhoum au parcours sans faute : bac sciences maths (mention bien) puis Ecole Mohammadia des Ingénieurs de Rabat (sa famille n’ayant pas les moyens de lui payer des études à l’étranger). Studieux, il décroche par la suite une bourse de l’USAID pour aller suivre les cours d’un MBA en finance à la très sélect Stern School of Business de New York, située à un jet de pierre de Wall Street. Prémonitoire. De retour au pays, il rejoint le tour de table d’Upline Securities, une société de Bourse. De 1993 à 1998, l’ingénieur financier chapeaute le placement de près de 5 milliards de dirhams de titres marocains auprès d’investisseurs étrangers. En 2005, il est porté président du conseil de surveillance de la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca. Un an plus tard, il est nommé à la tête de Barid Al-Maghrib avant d’être promu, en 2009, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion.
Mohamed Mbarek Azbane : Fondateur de Azbane
Le parfum de la réussite
Avec 30% de parts du marché marocain de cosmétiques et des exportations vers l’Europe et le Moyen-Orient, Mohamed Azbane incarne le rêve marocain. Né en 1943 dans une famille 3la 9ed el hal de la région de Taroudant, il quitte son village natal à 13 ans. Destination Marrakech, où il se débrouille un job d’aide-commerçant dans une parfumerie traditionnelle. Le petit Azbane est vif et débrouillard. Ambitieux, il finit par s’associer à son patron pour vendre au gros des parfums et du savon. C’est à ce moment qu’il a eu l’idée d’importer des produits semi-finis de France, pour les conditionner et les distribuer dans le royaume. Jackpot. Les affaires marchent si bien qu’il installe sa société à Casablanca, en 1965. L’homme qui voit grand ira jusqu'à investir toutes ses économies, en 1970, pour lancer sa propre ligne de cosmétiques (Azbane, donc) avec le succès qu’on lui connaît. Aujourd’hui ses enfants gèrent l’affaire, mais le père veille toujours au grain, continuant à participer “aux grandes décisions stratégiques”, comme le souligne son fils, Saïd Azbane.
Mustapha Bakkoury : Directeur de l’Agence pour l’énergie solaire
L’ascension d’un fils de mokhazni
Originaire du quartier populaire de Souk Lekdim, à Mohammedia, il a toujours été un élève brillant. Son bac en poche, ce fils de mokhazni, né en 1964, obtient une bourse pour poursuivre ses études en France, où il décroche un double diplôme : celui de la prestigieuse école des Ponts et Chaussées, ainsi qu’un DESS option banques et finances. Ce travailleur acharné effectue ensuite l’essentiel de sa carrière dans le secteur bancaire, avant de connaître la consécration, en 2001, quand il est nommé à la tête de la CDG. Il y passe huit ans, avant d’être débarqué en 2009. Mais sa traversée du désert ne durera que quelques mois, puisqu’en décembre de la même année, le roi lui confie la MASEN (Agence marocaine de l’énergie solaire). Et, cerise sur le gâteau, c’est lui qui, à la surprise générale, sera choisi en février 2012 pour le poste de secrétaire général du PAM, parti fondé par Fouad Ali El Himma.
Abdeslam Ahizoune : Président de Maroc Telecom
Veni Vidi… Vivendi
à 57 ans, il est le patron le mieux payé du Maghreb avec plus de 2 millions d’euros par an. Pourtant, rien ne prédestinait ce natif de Tiflet à devenir le numéro 1 du deuxième plus grand opérateur téléphonique en Afrique. C’est quasiment par hasard qu’il s’inscrit après le bac à l’Ecole des Télécommunications, à Paris. Ce matheux financera ses études dans la capitale française grâce à une bourse du ministère marocain des Postes et des Télécommunications (PTT), obtenue en contrepartie d’un contrat de travail. C’est d’ailleurs au sein même de ce département qu’il va gravir les échelons avant d’être repéré par Hassan II, qui le nomme ministre des PTT en 1992. La privatisation d’Itissalat Al-Maghrib en 2000 n’a pas empêché le repreneur, le groupe français Vivendi, de maintenir l’enfant de Tiflet au sommet du directoire de Maroc Telecom, et aussi de le coopter dans les instances dirigeantes du conglomérat de l’Hexagone.
Abdelghafour Mouhsine (Vigon) : Chanteur
The soul man
Personne n’aurait cru que ce fils de marchand ambulant de légumes de la médina de Rabat ferait un jour les premières parties de groupes aussi mythiques que les Rolling Stones ou les Who… Pourtant, nourri aux rythmes du rock et du blues des disques des militaires américains présents dans les années 1950-60 au royaume, Vigon a vu les portes de la célébrité s’ouvrir devant lui en gagnant un radio crochet organisé au cinéma Royal de la capitale. Lui qui ne parlait pas un mot d'anglais (ses camarades l’auraient même surnommé Vigon, du fait de sa mauvaise prononciation du mot “wagon” dans la langue de Shakespeare), s’est retrouvé à animer des soirées dans les bases américaines et dans les bars rbatis à la mode. Mais c’est à Paris qu’il enregistre, en 1968, son tube Harlem Shuffle. Aujourd’hui, après une longue absence, le soul man de la médina est de nouveau sur le devant de la scène : une participation retentissante à l'émission de TF1, The Voice, et un concert superbe au dernier Mawazine.
Aïcha Ech Chenna : Présidente de Solidarité féminine
La maman des filles-mères
Elle est la militante associative la plus connue du royaume, tant sur le plan national qu’international. Et elle le mérite. Mais son parcours s’apparente plus à un exercice de corde qu’à une montée en ascenseur. Née dans la médina de Casablanca en 1941, elle perd très jeune son père. Après un diplôme d’infirmière, Aïcha se lance corps et âme dans le bénévolat, n’hésitant pas à franchir les portes des prisons pour rencontrer des condamnés dans le besoin. En 1985, elle passe à la vitesse supérieure et fonde Solidarité féminine, avec un budget minime de 2000 dirhams, dont le but est clair : soutenir les mères célibataires et leur progéniture. Son combat prend des allures de lutte avant-gardiste. Et lorsqu’en 2004, la princesse Lalla Salma inaugure un hammam créé par l’association, en partie financé par un don royal, c’est la reconnaissance officielle. En 2009, son engagement infaillible l’a couronnée du très convoité prix américain Opus, assorti d’une dotation d’un million de dollars.
Rachida Benabdallah : Directrice de RMA Watanya
Madame e-commerce
En une phrase, elle incarne l’ascension par le mérite et l’excellence. Interopérabilité de l’ensemble des guichets automatiques bancaires, intégration des systèmes de paiement mondiaux, lancement du paiement en ligne… autant de faits d’armes réalisés par le Centre monétique interbancaire (CMI), sous sa direction. Née à Meknès en 1965, d’un père enseignant et d’une mère femme au foyer, cette élève brillante décroche en 1983 un bac sciences maths ainsi qu’une bourde d’études qui lui permettra de s’envoler ensuite pour Paris, où elle effectue une classe prépa avant d’intégrer la prestigieuse Ecole Polytechnique. En 1987, elle rentre au pays et atterrit au Crédit du Maroc, à un moment où les banques marocaines entament la restructuration de leurs systèmes d’informations. Quelques années plus tard, elle figure en tête de liste des candidats proposés par le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) pour piloter le virage de la monétique. A la tête du CMI depuis 2001, Rachida vient d’être débauchée par Othman Benjelloun, qui lui a confié la direction de sa compagnie d’assurances.
Tahar Bimezzagh : Fondateur de Koutoubia
Le roi de la charcuterie
Né en 1969 à Tafraout, Taher Bimezzagh rejoint son père, dès l’âge de 12 ans, derrière l’étal des boucheries familiales à Casablanca. Il s’implique très vite dans la gestion de deux points de vente à Dar Beida. En 1985, il s’associe à Belghiti Khennoussi, un Marocain résidant en France, pour lancer à Mohammedia une unité de production de charcuterie. Koutoubia est née. Aujourd’hui, le groupe brasse un chiffre d’affaires annuel de 1,7 milliard de dirhams et emploie plus de 2300 personnes. Fort de ses propres sites d’élevage, le groupe Koutoubia s’adjuge 78 % des parts du marché marocain de la charcuterie et s’attaque aux marchés européens à coups de campagnes publicitaires à gros budgets. L’entreprise de Taher Bimezzagh se lance même dans la vente directe en créant ses propres magasins, les boucheries Tradastar et Taher viande.
Momo Bousfiha : Animateur radio
La star des ondes
Né à Casablanca en 1983 dans une famille aux moyens limités, il commence très jeune à travailler puisqu’il aide son père très tôt dans son échoppe de chaussures. Plus tard, après le bac, il enchaînera les petits boulots, travaillant tour à tour comme serveur ou DJ pour arrondir ses fins de mois. Mais Momo Bousfiha n’a jamais perdu de vue son rêve : percer à la radio. Après un passage peu remarqué à Radio 2M, la chance lui sourit, en 2006, lorsque Hit Radio est lancée. Il anime les tranches les plus écoutées de la station et devient l’interlocuteur privilégié des jeunes qui veulent s’exprimer. Même si certains de ses “écarts” ont été sanctionnés par la HACA et qu’il a été obligé d’arrêter l’antenne pendant quelques mois, le jeune homme ne lâche pas l’affaire. Actuellement, il anime quotidiennement le Morning de Hit Radio, et il reçoit chaque jour des centaines d’appels, de SMS et d’emails de jeunes de tout le Maroc.
Mohamed Boussaid : Wali de Casablanca
Quand on est matheux…
Fils d’un ouvrier habitant l’ancienne médina de Fès, ce haut commis de l’Etat doit sa réussite à sa détermination et à son acharnement dans les études. Un bac en sciences maths et une maigre bourse trimestrielle en poche, il commence ses classes prépas à Paris en 1980. Pour arrondir ses fins de mois, il donne des cours de mathématiques à des particuliers. Il obtient, quatre ans plus tard, son diplôme d’ingénieur de l’école des Ponts et Chaussées. Rentré sitôt au pays, il assume une série de postes à responsabilité dans le privé avant d’épouser une carrière dans la fonction publique, notamment au ministère des Finances. En 2004, il est nommé ministre de la Modernisation des secteurs publics. Avec l’équipe El Fassi, il prend le portefeuille du Tourisme. Bourreau de travail, il continue à accumuler les diplômes en parallèle. En 2010, Mohammed VI le nomme wali d’Agadir, l’une des plus importantes régions du pays. Depuis mai 2012, il en “promu” wali de Casablanca.
Miloud Chaabi : Fondateur de Ynna Holding
Un berger aux affaires
Né en 1930 dans un village pauvre près d’Essaouira, il a connu l’ascension sociale la plus spectaculaire du pays. Berger dans son enfance, il quitte très jeune la chaumière familiale sans le moindre sou en poche. Maçon dans un premier temps, il devient un petit et discret promoteur immobilier, employant deux personnes. A force de revente de terrains, dans les années 1960, il érige un petit groupe industriel déjà prospère. Alors que la marocanisation bat son plein dans les années 1970, le self-made-man met tout de côté et part à la conquête du continent africain. Il revient de son périple encore plus riche qu’il n’est parti, ce qui fait grincer des dents l’élite traditionnelle du pays. En 1986, il crée enfin Ynna Holding, société imposante qui lui permet de renforcer son business. Aujourd’hui richissime mais toujours très beldi dans son parler, sa droiture et son style, Chaabi installe ses fils à la tête de son empire.
Hicham El Guerrouj : Double médaillé olympique
Le roi des pistes
Né en 1974, à Berkane, dans une fratrie de 6 enfants, ce fils de vendeur de sandwichs manifeste très tôt un penchant pour le sport. Il a un modèle : Saïd Aouita, champion olympique de demi-fond. Alors El Guerrouj court, court, jour après jour… A 14 ans, il court —pieds nus veut la légende— devant le directeur technique de la fédération d’athlétisme, qui s’empresse de le recruter. Les titres mondiaux ne tardent pas à pleuvoir : après sa performance aux Mondiaux juniors de 1992, la logique aurait voulu qu’il remporte une médaille aux Jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996. Il prend effectivement la tête de la course mais, manque de chance, chute peu avant l’arrivée. En 2004, à Athènes, se présente sa dernière chance d’obtenir l’or olympique. Il étonne alors le public en réalisant un doublé rarissime (1500 et 5000m), avant de se retirer de la vie sportive. Il se reconvertit en businessman. Après des études en management sportif aux Etats-Unis, en 2009, il devient le distributeur exclusif de la marque Nike au royaume.
Aziz El Hajouji : Bijoutier
Un mec en or
Il se définit depuis toujours comme un artisan bijoutier, passionné d’or, d’argent et de pierres précieuses. Ce qui a changé, c’est juste “la taille de son business”, aime-t-il à répéter. Au milieu des années 1960, le jeune homme, tout juste âgé de 14 ans, fait son apprentissage dans un petit atelier d’orfèvrerie à Casablanca. Quelques années plus tard, cet entrepreneur-né se met à son propre compte, n’hésitant pas à enfourcher une vieille mobylette pour écouler sa marchandise auprès de quelques revendeurs et autres clients privés. Aujourd’hui, il emploie 1000 personnes dans une usine flambant neuve, aux allures de forteresse. Il lance même ses propres marques comme Passion, OroMecanica et Rafinity, pour lesquelles il nourrit de grandes ambitions à l’international. Une véritable usine à bijoux (l’une des rares sur le continent), sur laquelle le patron garde un œil vigilant grâce aux multiples écrans de contrôle installés dans son bureau.
Abdellah Zrika : Poète
Sauvé par la plume
Il est la preuve que même là où poussent les orties, il y a toujours une perle enfouie quelque part. Il suffit de bien chercher… Ould l’Kariane, enfant des bidonvilles, Abdellah Zrika a vu le jour en 1953 aux Carrières Centrales, à Casablanca. Sa chance, c’est qu’il a toujours écrit. De la poésie. Dans le milieu des années 1970, il est tellement lu et écouté que la police de Hassan II décide, un beau jour, de le jeter en prison. Motif : atteinte à la sacralité. Abdellah Zrika a séjourné deux années derrière les barreaux, entre 1978 et 1980. Une éternité. Et une injustice, qui lui a permis d’écrire de très beaux recueils, dont l’incontournable Bougies noires, traduits de l’arabe par Abdellatif Laâbi en 1998. Humble, souriant, bon vivant, Zrika est un homme qui vit de sa poésie et de sa plume, toujours aussi alerte, et il vit bien. Rare.
Filali El Mednaoui : Président de Charaftex
Le prince du textile
Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Pourtant, il trône sur un empire industriel spécialisé dans le textile. Son usine à Aïn Sebaâ à Casablanca est l’une des plus grandes du royaume, avec 1350 employés. Natif de la région de Tafilalet, Filali grandit dans une famille nombreuse (10 enfants). “Mon père était imam. Il m’a légué une éducation solide et des principes. Pour le reste, il me fallait me construire moi-même”, confie-t-il. Malgré une condition difficile, le jeune homme arrive à décrocher un diplôme de technicien textile et un premier job à 2000 dirhams par mois. En 1976, il vend sa voiture pour se payer sa première machine à tisser. Il fabrique des sous-vêtements qu’il écoule à Derb Omar. Il est alors à mille lieues d’imaginer la suite des évènements. Dès le milieu des années 1980, Filali El Mednaoui exporte ses premières pièces en Europe. Il saisit toutes les opportunités qui se présentent, rachetant des entreprises en liquidation ou investissant dans de nouvelles machines. Résultat, son groupe brasse 300 millions de dirhams de chiffre d’affaires aujourd’hui et prépare sa diversification dans l’agroalimentaire ainsi que dans l’immobilier.
Fadila El Gadi : Styliste
La brodeuse de Salé
Née dans une famille modeste de Salé, elle a très tôt baigné dans l’univers de la broderie. Petite fille, elle est fascinée par le savoir-faire des femmes de son quartier, qu’elle observe derrière leurs métiers à tisser. Lorsqu’elle décroche son bac, elle sait que sa véritable passion, c’est le stylisme. Elle s’inscrit alors dans une école de mode, à Rabat, et une fois son diplôme en poche, ouvre un petit atelier dans le centre-ville. A cette époque, Fadila arrive difficilement à joindre les deux bouts. Mais, en 1999, une rencontre avec Yves Saint Laurent, à Tanger, va bouleverser le destin de la jeune Slaouie. Le couturier la prend sous son aile et l’invite à Paris pour assister à des défilés et visiter ses ateliers. Épris de ses travaux, il fera même de Fadila la créatrice patentée de sa boutique au Jardin Majorelle. La carrière de la jeune femme décolle et ses vêtements “s’arrachent” aux quatre coins du monde. Parmi les stars qui ont porté ses créations, Barbara Streisand, Beyoncé ou encore Marc Lavoine.
Nawal El Moutawakel : Membre du Comité international olympique
La championne de Bourgogne
Née en 1962 dans une famille modeste du quartier Bourgogne, à Casablanca, elle est la preuve vivante qu’il y a une vie après le sport. A 22 ans, elle remporte le 400 m haies aux Jeux Olympiques de Los Angeles (1984), ouvrant le début des années fastes de l’athlétisme marocain. Parfaitement anglophone, elle poursuit des études à l’université de l’Iowa, aux Etats-Unis, en 1989. Ambitieuse et travailleuse infatigable, elle devient membre du Comité International Olympique (CIO) en 1998.
Sa carrière à l’international aidant, elle sera rappelée pour occuper, en 2007, le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports sous le gouvernement de Abbas El Fassi. Parallèlement, Nawal continue à sauter les haies du CIO qu’elle accompagnera pour la préparation des JO de Londres 2012, avant d’être nommée présidente de la commission de coordination des JO de 2016, qui se dérouleront à Rio de Janeiro.
Moulay M’hammed El Oultiti : Président de Copag
La coopérative fait la force
Fils d’un propriétaire terrien dans les environs de Taroudant, le cadet de la famille El Oultiti a su faire de la solidarité des petits agriculteurs un moteur pour ériger un des géants de l’agroalimentaire du royaume. Seul parmi ses 6 frères et sœurs à avoir poursuivi des études, il est dans les années 1970 un instituteur de mathématiques engagé, syndiqué et militant de gauche. Déçu par l’enseignement et la politique, il se tourne vers l’agriculture et nourrit l’espoir de faire de la ferme familiale une exploitation aussi prospère que le domaine du prince Moulay Abdellah, voisin de leurs terres. Profitant de la libéralisation des exportations, il arrive vers la fin des années 1980 à liguer les grands agriculteurs de la région autour d’une coopérative. Une entité qui s’impose sur le marché via le conditionnement d’agrumes destinés aux marchés étrangers, en 1987. En 25 ans, sous l’impulsion de L’haj, comme l’appellent les adhérents, la Copag se diversifie et produit aussi bien des produits laitiers (Jaouda) que des aliments pour le bétail, l’élevage… Bref, une coopérative présente sur tous les fronts, qui brasse pas moins de 2 milliards de dirhams.
Abdellatif Hadef : Fondateur de IB Maroc
L’homme des solutions
Né à Khouribga en 1963 dans une famille de 15 enfants dont le père est mineur à l’OCP, Abdellatif est un exemple de persévérance. Après avoir raté son bac une première fois, il retente sa chance dans un lycée privé de Casablanca avant de s’envoler pour Toulon faire une classe prépa. Diplômé en 1990 de l’Ecole supérieure d’informatique et génie des télécommunications de Fontainebleau, il décroche un emploi d’informaticien contre un salaire d’à peine 2500 dirhams dans une filiale de la Générale des eaux. Le tournant de sa carrière aura lieu en 1996, à l’occasion d’un déjeuner avec l’un des fournisseurs de son employeur, qui deviendra plus tard son associé. Les deux hommes lancent le projet IB Maroc, orienté à ses débuts vers la distribution de matériel informatique, avant de conquérir le créneau des solutions et de la sécurité informatique. Cotée à la Bourse de Casablanca depuis 2001, IB Maroc compte aujourd’hui des filiales en Algérie, en Libye, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et aux Emirats.
Mehdi Qotbi : Président de la Fondation nationale des musées
L’enfant terrible de Takaddoum
Né en 1951 dans un milieu modeste du quartier de Takaddoum à Rabat, le peintre est devenu au fils des rencontres (qu’il provoque le plus souvent) l’ami des puissants. Lobbyiste hors pair, il crée entre autres le Cercle d’amitié franco-marocain en 1991 pour riposter à la publication de Notre ami le roi de Gilles Perrault. Un pied en France, l’autre au Maroc, il a longtemps navigué, avec le culot de petit lutin qui le caractérise, des rédactions parisiennes aux tables des ministres. Aujourd’hui, moins actif sur le front des petits fours et du go-between, il s’est remis à la peinture et place ses toiles auprès des institutions marocaines et de quelques musées prestigieux. Omniprésent, envahissant disent certains, il a récemment livré une immense toile intitulée “Hymne au bonheur”, qui ornera le dôme du Morocco Mall de Casablanca. Il vient aussi d’être nommé président de la Fondation nationale des musées, une nouvelle institution destinée à promouvoir le patrimoine marocain.
Rachid El Ouali : Comédien
La bonne étoile
L’acteur le plus populaire du royaume a vu le jour en 1965, dans un quartier populaire de Rabat. C’est un enfant fragile que plusieurs maladies successives clouent au lit. Il devient solitaire et noie son chagrin dans les livres et les bandes dessinées populaires. En 1983, il accompagne un ami qui passe le concours de l’institut d’art dramatique (ISADAC). Sans conviction, Rachid tente sa chance. Son ami est recalé et, surprise, c’est lui qui est reçu. Il tient la chance de sa vie, s’y accroche, travaille dur et arrive à se faire remarquer par des réalisateurs de talent. Il décroche un premier grand rôle dans “Mektoub”de Nabil Ayouch, et “Un simple fait divers” de Hakim Noury. A ce stade, c’est déjà un jeune premier promu à une belle carrière. Quelques comédies plus tard, Rachid El Ouali devient l’acteur le mieux payé au Maroc, la big star du petit et du grand écran. Depuis les années 2000, il s’essaye également à la présentation télé et à la réalisation.
Mohamed Hassad : Président de Tanger Med
Le Polytechnicien de Tafraout
Né à Tafraout dans le Souss, en 1952, il est issu d’une famille pauvre. “Pour ses études primaires, il devait parcourir plusieurs kilomètres, pieds nus, pour rejoindre son école”, nous raconte une de ses vieilles connaissances. Jamais il n’aurait pu terminer ses études si sa famille n’avait pas emménagé à Casablanca, où il a décroché son bac. Elève brillant, il obtient une bourse pour se rendre à Paris et ne perd pas son temps : Polytechnicien à 22 ans, il enchaîne deux ans plus tard avec les Ponts et Chaussées. En 1976, il rentre au Maroc et hérite d’une série de postes à responsabilité au sein, essentiellement, des Travaux publics, département dont il deviendra ministre en 1993. En 1995, il est nommé à la tête de la RAM, où il passe près de six ans avant d’atterrir à Marrakech en tant que wali. Homme de confiance du Palais, il est placé en 2005 à la tête de la wilaya de Tanger, avant de se voir confier, récemment, les rênes de Tanger Med, l’un des plus grands projets de l’ère Mohammed VI.
Ahmed Hattabi : Directeur général de Talbo
Avec une poignée de dirhams…
C’est un self-made-man, un vrai. Sans diplôme, il a fondé une entreprise devenue aujourd’hui une référence dans le secteur du bois et de la menuiserie aluminium, avec un chiffre d’affaires de 70 millions de dirhams par an. Né à Safi en 1951, ce fils de tâcheron et d’une mère au foyer apprend l’ébénisterie sur le tas. Il a la fibre entrepreneuriale : à 19 ans, il épargne 1000 dirhams, avec lesquels il fonde sa première entreprise. Son atelier ne chôme pas, les commandes pleuvent et les clients sont fidèles. En 1981, il crée Talbo avec deux associés. Un premier gros coup —il décroche un contrat de 6 millions de dirhams pour un hôtel à Agadir— lui met le pied à l’étrier. Puis, tout s’enchaîne : les grandes banques et compagnies d’assurance font appel à lui, il équipe le Twin Center, le Sheraton… En 1990, il s’installe dans la zone industrielle de Oukacha, sur un terrain de 8000 m2. Nouveau challenge pour ce stakhanoviste qui travaille 14 h par jour : conquérir le marché subsaharien.
Tawfik Hazeb : Rappeur
Khasser mais pas trop
Tous les jeunes rappeurs rêvent de lui ressembler. Don Bigg est né dans une famille de la classe moyenne du quartier des Roches Noires à Casablanca, d’un père employé à l’ONCF et d’une mère femme au foyer. Très tôt, il est attiré par la culture hip hop et commence à balancer son flow dès l’âge de 14 ans. Mais il ne perd pas de vue ses études et décroche un baccalauréat littéraire, avant de s’inscrire en droit à l’Université Hassan II. En fin de compte, sa passion pour le rap l’emporte et il abandonne les études. En 2006, il sort Maghraba Tal Mout, considéré comme l’un des meilleurs albums de la scène urbaine marocaine. L’opus cartonne et les concerts attirent la foule. Bigg, devenu Don Bigg, a grandi, grossi, et c’est très bien ainsi : ses cachets atteignent des records (marocains) et il est souvent invité à jouer à l’étranger.
Mohamed Hdid : Patron du Cabinet Saâdi & Associés
Le fiscaliste du royaume
Son nom est bien connu dans les milieux économiques et financiers. Normal, c’est le patron du plus grand cabinet marocain d’expertise comptable. Né en 1968 à Tinghir, il est le deuxième d’une famille de quatre enfants. Son cursus scolaire ? Le msid du patelin, où il goûte à la fala9a (correction) du fqih, puis l’école et le collège du patelin avant de prendre son envol vers… l’internat d’un lycée à Marrakech. En Soussi modèle, le jeune Mohamed choisit dès son jeune âge la comptabilité. C’est dans cette discipline technique qu’il décroche son bac en 1986. Après une licence en sciences économiques à la faculté de Marrakech, il entame un cycle d’expertise comptable à Casablanca et intègre, en parallèle, le cabinet Saâdi, une des fiduciaires les plus en vue du royaume. Il effectue l’ensemble de sa carrière dans ce bureau de conseil financier, qui compte aujourd’hui comme clients les plus grandes entreprises du pays.
Mohamed Horani : Fondateur de HPS
Le patron de Derb El Fo9ara
Né en 1953 à Derb Fo9ara (littéralement, le quartier des pauvres), à Casablanca, il a su se faire une place parmi les businessmen stars du Maroc. Au point de se faire élire, en 2009, président du patronat. Pourtant, c’était loin d’être gagné et s'il a pu faire des études, c'est avant tout grâce à un oncle et une tante qui l'ont pris en charge. Issu d'une famille très modeste, il obtient en 1971 son bac, puis un diplôme d'ingénieur statisticien de l'INSEA, qui lui permet d'intégrer le ministère du Plan. Il y passe deux ans avant de basculer vers le secteur privé. Le tournant de sa carrière a lieu en 1995, quand il s'associe à trois de ses anciens collègues pour démarrer une nouvelle histoire entrepreneuriale qui s'appelle HPS. Aujourd’hui, les solutions monétiques conçues par sa boîte sont vendues dans une cinquantaine de pays.
M’hamed Idoulahiane : Président d’Idou Holding
L’épicier qui a décroché la lune
En 1954, il quitte son patelin paumé de la région de Tiznit pour Casablanca. Il commence comme aide épicier, mais il voit plus grand et migre en Allemagne, en 1960, avec 100 dirhams en poche. Deux ans plus tard, il arrive à Paris où il se lance dans l’épicerie. Ce premier projet devient vite une chaîne de superettes. La restauration suivra avec L’Etoile de Marrakech, à Nanterre. “Haj M’hamed tenait lui-même à nous servir les tajines aux pruneaux qu’il préparait”, se souvient un de ses vieux amis. Au début des années 1980, il revient au Maroc pour investir dans l’hôtellerie : Idou Anfa (Casablanca), suivi d’autres établissements un peu partout dans le royaume. Son groupe —présent dans le textile, l’immobilier et la distribution— pèse aujourd’hui plusieurs milliards de dirhams. Mais L’Haj n’a pas pris la grosse tête : quand il n’est pas à Tiznit, il fait le tour de ses hôtels et restaurants pour serrer des mains et distribuer des sourires.
Touria Jabrane : Comédienne
Du théâtre au gouvernement
Tout en elle rappelle ses origines populaires. Même ministre, elle n’a pas cherché à cacher sa gouaille bidaouie, ni à freiner sa spontanéité débordante. Née à Casablanca en 1952, cette lauréate du Conservatoire national a marqué de son empreinte la scène théâtrale marocaine au milieu des années 80. Sa spécialité reste le rire. Elle réussit à devenir une star adulée par la critique, mais souvent tournée en dérision par le large public qui découvre certaines de ses pièces à la télévision. Elle tourne même quelques publicités devenues mythiques, comme le fameux spot de prévention routière où elle crie wa nari jabha frasou (Au secours, il s’est cassé la gueule). En 2007, Touria Jabrane Kraytif est nommée à la tête du ministère de la Culture. Une consécration pour cette artiste engagée. Mais son mandat sera de courte durée. Affaiblie par la maladie, elle cède son fauteuil à Bensalem Himmich, en 2009.
Driss Jettou : Ancien Premier ministre
Ascension royale
Le businessman soussi continue d’aller quotidiennement au bureau et entretient une relation personnelle avec les centaines de personnes qui travaillent dans son entreprise. “Il lui arrive de prendre des nouvelles d’un ouvrier malade ou d’un autre qui part en retraite”, confie un de ses collaborateurs. C’est qu’avant de travailler aux côtés de Hassan II puis Mohammed VI, il a été l’enfant d’une famille commerçante modeste d’El Jadida. Né en 1945, le petit Driss partage ses journées entre les bancs de l’école et le comptoir familial. Grâce à son sérieux, il décroche une bourse d’études et s’envole pour Londres. C’est là qu’il ouvre les yeux sur le potentiel de l’industrie du cuir et du textile. De retour au pays, il lance sa propre affaire. En 1981, il est présenté à Hassan II, dont il devient ministre du Commerce puis des Finances. C’est la consécration. Puis il qui devient, plus tard, sous Mohammed VI, ministre de l’Intérieur et même (un bon) Premier ministre.
Hammad Kessal : Ancien président de la fédération des PME
Monsieur cacahuètes
Né à Taza dans une famille de huit enfants, Hammad Kessal n'oubliera jamais ce jour de 1981 où, le bac en poche, son père l'accompagne jusqu'au port de Tanger. “Il m'a donné 1500 dirhams et un billet de train pour aller d'Algésiras à Grenoble”. Après une maîtrise en économie, il s’installe à Nanterre où il soutient sa thèse de doctorat avant de rentrer au pays travailler dans le secteur public. En 1995, il lance sa première entreprise (financée par un prêt de la BEI), spécialisée dans la valorisation des fruits secs. “J'ai fait le tour du Maroc pour prospecter des clients et il m'est arrivé parfois de dormir dans ma Citroën C15. Une nuit d'hôtel à Marrakech valait à l'époque 100 kilos de cacahuètes”, explique-t-il. La RAM est l'un des clients fidèles des pistaches de l'ancien président de la fédération PME de la CGEM. En 2007, il fonde la franchise Rayana Saveurs, spécialisée dans la vente des produits du terroir.
Nadir Khayat (RedOne) : Producteur de musique
Le rêve suédois
Avant de devenir l’un des producteurs les plus en vogue de la planète, RedOne a connu son lot de galères. A 18 ans, ce natif de Tétouan né dans une famille nombreuse (8 frères et sœurs) décide de tenter sa chance en Suède. Il rêve de devenir rock star dans ce pays d’où sont originaires Roxette et Europe. A Stockholm, il enchaine les petits boulots et travaille comme serveur, plongeur, ou encore vendeur de légumes ambulant. Il se retrouve même sans domicile fixe. Mais la chance tourne le jour où il décroche un job dans un studio et qu’il réalise qu’il a un véritable don pour la production musicale. Après quelques années, il se fait un nom dans son pays d’adoption et décide, en 2007 de tenter sa chance à New-York. Là bas, il croise la route de la future Lady Gaga, et ils composent ensemble l’album “The Fame”, l’un des plus gros succès de l’industrie du disque ces dernières années. Depuis, RedOne a gagné deux prestigieux Grammy Awards et toutes les stars de la musique se l’arrachent, de Jennifer Lopez à U2, en passant par Cher et Khaled.
Kamal Lahlou : Président du groupe La Gazette
Allez Khouya, allez !
L’ancien professeur d’éducation physique change de casquette plusieurs fois par jour : éditeur, entrepreneur, président de la Fédération d’haltérophilie, patron d’une société d’affichage… Ses atouts ? Un bagout phénoménal, le sens du contact et une forte dose de pragmatisme. L’homme se fait remarquer en 1983 alors qu’il commente un match de boxe dans le cadre des Jeux Méditerranéens pour le compte de la télévision. Les pugilistes marocains font sensation mais ce que le public retient, c’est surtout l’enthousiasme de ce commentateur hors pair, ses mots simples, son humour et ses coups de gueule. Kamal privilégie la darija et appelle les athlètes “Khouya”. Hassan II tombe sous le charme et lui offre une radio régionale à Casablanca. L’homme ne s’arrête pas là : au cours d’un voyage au pays de l’Oncle Sam, il découvre les techniques de parrainage et de marketing sportif à l’américaine. En bon businessman, il flaire le bon filon et lance, dès 1984, la première société spécialisée dans ce domaine au royaume. A la fin des années 1990, il édite un journal, La gazette du Maroc, qui ne tarde pas à faire des petits.
Mohamed Rabie Khlie : Directeur général de l’ONCF
Le service civil, cette bénédiction
Ce membre d’une fratrie de 8 enfants est à la fois un compétiteur né, pressé par le temps, et un homme patient. Il a même déjà participé aux championnats du Maroc des échecs… En 1987, quand il intègre l’ONCF pour son service civil, ce diplômé de l’Ecole Mohammadia des Ingénieurs est tenté de claquer la porte pour tenter sa chance dans le privé. Sauf que l’officier de réserve qu’il est aurait éventuellement à payer des pénalités s’il devait “déserter”. A son corps défendant, ce fils de fonctionnaire du ministère de la Culture est contraint d’y rester. Si bien que, neuf ans plus tard, ce natif de Tanger en 1963 est promu, à 33 ans, directeur commercial de l’Office. avant de prendre en charge deux directions fusionnées qui regroupent 5400 cadres, soit plus de la moitié de l’effectif de l’entreprise. Véritable produit maison, Rabie Khlie gravit tous les échelons de l’Office, dont il devient logiquement le patron en 2003.
Momo Merhari : Cofondateur de l’Boulevard
La musique dans la peau
C’est l’une des figures les plus actives de la scène culturelle marocaine. Fils du régisseur de la Fondation des œuvres laïques (FOL), il grandit dans le quartier Gauthier de Casablanca et suit avec intérêt les activités de son père. Adolescent, il commence à lui donner un coup de main, en s’occupant de l’éclairage et de la sonorisation de soirées dans des boîtes ou des hôtels pour se faire de l’argent de poche. En 1999, il décide d’organiser à la FOL la première édition du Boulevard des jeunes musiciens, trois jours pour fêter les jeunes groupes de rap, métal et fusion. Treize ans plus tard, l’Boulevard est organisé dans un stade, devant 20 000 spectateurs, et permet de faire découvrir des groupes tels que Haoussa, Darga ou encore H-Kayne. Une association, l’EAC-l’Boulvart, est également née dans le sillage du festival et dispose aujourd’hui d’un Centre de musiques actuelles unique en son genre, financé en partie par un don de Mohammed VI.
Mohamed Mourabiti : Artiste plasticien
Les Beaux-Arts l'avaient recalé...
“J’ai ouvert les yeux dans la rue”, plaisante le plasticien. Mohamed Mourabiti a vu le jour dans la Kasbah de Marrakech, en 1968. Le jeune Mourabiti arrête les études en 1ère année de lycée. Il veut intégrer l’école des Beaux Arts. Mais, sans le bac, il est recalé. Premiers pas dans la vie active : un boulot en tant que coursier, payé 1250 dirhams, puis un autre job dans une entreprise de confection de bâches. Déterminé, il se serre la ceinture pour se payer des cours de langue à l’Institut français et des cours particuliers de dessin, dispensés dans un café. En 2001, il démissionne. L’artiste en puissance a de la suite dans les idées : pendant des années, il a économisé une partie de son salaire, ce qui lui permettra de se payer un lopin de terre à Tahannaout, à 30 km de Marrakech. C’est là qu’il construira une résidence d’artiste en 2004, aujourd’hui très courue. Prévoyant, il crée une société d’encadrement de tableaux, qui lui permet de travailler à l’aise. Celui qui dit n’avoir jamais pensé vendre une toile un jour réussit à placer ses pièces chez Mohammed VI ou encore Xavier Hermès. Il est désormais un peintre reconnu qui a sa place dans The Art Book of Morocco, parmi les 50 peintres majeurs du pays.
Saïd Naciri : Homme de spectacle
La banque mène à tout
Qu’on l’aime ou pas, c’est une star marocaine. A 52 ans, il a plusieurs séries télévisées à succès à son actif, ainsi que plusieurs films qui ont cartonné en salles. Né dans une famille modeste, ce Casablancais n’était pas du tout destiné à faire carrière dans le cinéma. Après des études supérieures, il décroche un travail comme cadre dans une banque. Mais très vite, il réalise qu’il ne veut pas passer sa vie derrière un bureau, en costard cravate. Il décide alors de tenter sa chance comme humoriste et fait des apparitions dans des soirées et des émissions TV. Le succès arrive grâce à la série Ana ou khouya ou Mratou, diffusée sur la RTM en 1998. Son humour, très chaâbi, séduit rapidement le public et Naciri enchaîne les sitcoms et les pièces de théâtre. Depuis, il se concentre sur les longs-métrages, dont Les Bandits, Abdou chez les Almohades ou plus récemment Un Marocain à Paris.
Hassan Nejmi : Poète et homme politique
La Aïta dans le sang
Directeur du livre au ministère de la Culture est un poste qui ne dit pas grand-chose à beaucoup de monde. Mais Hassan Nejmi et son parcours ne pourraient être réduits à ce titre. Né en 1960 à Ben Ahmed, dans la Chaouia, il est issu d’une famille modeste. Sa maman est même amenée à faire de petits boulots sur les marchés de la ville. Le petit Hassan, lui, est à l’école publique et s’essaie à la rime dès son enfance. Bachelier par la suite à Casablanca, il entre à la fac de Lettres de Rabat. Journaliste à Al Ittihad Al Ichtiraki, il peut enfin se livrer à sa passion : la poésie. Et surtout, aux recherches sur la Aïta, ce patrimoine oral qu’il veut aider à préserver. D’ailleurs, sa thèse de doctorat (2006) est dédiée à cet art et fait figure de référence pour les chercheurs. Hassan Nejmi, c’est près d’une vingtaine de recueils de poésie. Président de l’Union des écrivains du Maroc de 1998 à 2005, il a transmis l’amour des rimes à plusieurs générations. D’ailleurs, l’aînée de ses trois filles vient de publier son premier recueil.
Ahmed Rahhou : Président du CIH
Un banquier touche-à-tout
Né à Meknès dans une famille nombreuse originaire de Berkane, Ahmed Rahhou est aujourd’hui à la tête d’une grande banque publique : le CIH. Mais avant d’être désigné à ce poste, l’homme a dû gravir un à un les échelons et rouler sa bosse dans différentes entreprises. Ingénieur polytechnicien, puis diplômé de l’Ecole nationale supérieure des télécommunications (France), il démarre sa carrière chez Royal Air Maroc. En 1986, il intègre Crédit du Maroc où il se révèle être un manager capable de toucher à tout : audit, contrôle de gestion, commercial… jusqu’à devenir directeur adjoint de la banque. En 2003, il bascule vers l’industrie : Le groupe ONA lui confie sa filiale Lesieur. Ce ne sera que pour une courte durée puisqu’on va faire appel à lui pour mener le vaste chantier de redressement d’une banque publique en pleine déconfiture financière. Le CIH, évidemment.
Mohamed Sadiki : Directeur de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II
Fou de recherche
Il voit le jour en 1957 dans un village près de Berkane, dans l’Oriental. Pour se rendre au lycée, l’aîné d’une fratrie de huit enfants fait 8 km à pied deux fois par jours Plus tard, il ralliera la ville à bicyclette, un cadeau de sa famille pour le féliciter de son assiduité. Né dans un milieu modeste (père agriculteur, mère femme au foyer), Mohamed est un élève brillant, qui collectionne les prix. En 1978, il s’inscrit à l’IAV (Institut agronomique et vétérinaire Hassan II), qui dispose d’un internat et offre des bourses de mérite. Il peaufine sa formation en s’orientant vers la recherche dans la génétique, d’abord en France, puis aux Etats-Unis. De retour au Maroc, il fonde un laboratoire de recherches sur la biodiversité des végétaux du terroir. Il revient à l’IAV, mais cette fois, en tant que directeur de la recherche et la formation doctorale jusqu’en 2009, année où il est nommé directeur de l’établissement, à Rabat. Il coordonne un programme international de 16 millions de dollars sur les ressources génétiques.
Abdellah Taïa : Ecrivain
A la force de la plume
A 39 ans, il est l'un des écrivains marocains les plus intéressants de sa génération. Sa notoriété s’étend bien au-delà des sphères parisiennes et ses œuvres sont lues aux 4 coins de la planète, de Beyrouth, à New York, en passant par Londres et Oslo. Pourtant, rien ne le prédestinait à une telle reconnaissance : né dans une famille très modeste de 9 enfants, il a grandi dans le très populaire quartier de Hay Salam, à Salé, entre un père gardien à la Bibliothèque générale de Rabat et une mère analphabète. Major de promo de l'université Mohammed V de Rabat, il décroche une bourse pour aller poursuivre des études de lettres à Genève, puis Paris en 1999. La même année, il contribue au recueil Nouvelles du Maroc à l'occasion de l'année du Maroc en France. Un premier succès qui en appela plusieurs autres. En 2010, Abdellah Taïa connaît la consécration en remportant le prestigieux prix de Flore pour son roman Le jour du Roi (Ed. du Seuil).
Hind Sahli : Top Model
Moroccan beauty
Née à Rabat en 1990, elle est aujourd’hui dans tous les prestigieux magazines de mode (Vogue, W) et défile pour des créateurs célèbres comme Jean-Paul Gaultier, Kenzo ou Marc Jacobs. Mais la jeune Marocaine a dû s’accrocher pour en arriver là. A l’âge de 16 ans, cette fille d’un policier et d’une femme au foyer rêve de devenir la future Adriana Lima. Elle fait la tournée des magazines féminins locaux pour décrocher des séances photo et finit par être découverte par l’Agence Elite, qui lui propose de venir à Paris. Mais Hind n’arrive pas à décrocher son visa et doit attendre deux ans avant de mettre les pieds dans la capitale mondiale de la mode. Sur place, son physique atypique étonne les créateurs, et très vite elle est sollicitée pour des défilés et des publicités. En 2009, elle fait ses premiers pas dans la cour des grands, en participant au défilé printemps-été de Max Azria à New York. Depuis, elle est sollicitée par les plus grandes marques.
Mohamed Talal : Fondateur de La Voie Express
Monsieur logistique
Né en 1966 dans une famille modeste, il est aujourd’hui à la tête d’une entreprise leader dans le domaine du transport et de la messagerie : La Voie Express. Après avoir réussi ses classes prépas, il enchaîne les diplômes de l’Ecole des mines de Paris et de Sciences Po. Salarié de 1991 à 1995 chez Cosumar, puis dans une multinationale espagnole, il flaire très tôt le potentiel du secteur de la logistique et décide de voler de ses propres ailes. Son entreprise a démarré en 2007 avec une dizaine de véhicules d’occasion. Il lui est arrivé plusieurs fois de charger lui-même son camion pour livrer un des ses clients. Mais c’était avant : la Voie Express emploie aujourd’hui 490 personnes et dispose d’un parc de 280 véhicules tous types confondus. Président de la commission logistique de la CGEM, Talal a été l’un des artisans du contrat-programme signé avec le gouvernement en 2010 pour ce secteur où tout reste à faire.
Mohamed Ulad Mohand : Cinéaste
Un Marocain à Paris
L’enfant du Nord a fait du chemin. Aujourd’hui installé à Paris, il est une figure de la gauche française. L’homme est lié d’une forte amitié avec plusieurs leaders du Parti socialiste (PS) dont le président François Hollande, qui fait partie de ses connaissances. Ses films et ses documentaires passent rarement inaperçus. Des films politiques et engagés, à l’image de ce grand portrait d’Anne Lauvergeon, puissante présidente d’Areva qui a tenu tête à Nicolas Sarkozy. Né en 1966 à Tanger, Mohamed n’a que 20 ans lorsqu’il pose ses bagages à Paris pour poursuivre des études en arts plastiques. Depuis, il collectionne les diplômes, les films et les prix. En 2001, il fait partie des artistes résidents à la prestigieuse Villa Médicis à Rome. C’est là qu’il fait la connaissance de Mazarine Pingeot, écrivain et fille de François Mitterrand. Aujourd’hui, ces deux têtes fortes ont deux enfants et forment un couple soudé, extrêmement jaloux de sa vie privée.
Lahcen Zinoun : Danseur et cinéaste
L’homme qui danse
Il vient d’un quartier mythique, mais pauvre : Hay Mohammadi. Né en 1944 au sein d’une famille modeste, plutôt conservatrice, rien ne le prédestinait à la danse et la réalisation. Et pourtant. Il ne se laisse pas impressionner par le long trajet qu’il lui faut faire pour aller de chez ses parents au conservatoire, au centre-ville. Il ne se dégonfle même pas lorsque son père lui pose un ultimatum alors qu’il a la vingtaine : la danse ou le foyer familial. Zinoun part alors à l’étranger étudier la danse. Et tant pis si certains le jugent : le monde international de la danse, lui, le célèbre. A Casablanca, le conservatoire lui décerne le premier prix de danse. En 1970, il devient premier soliste du Ballet royal de Wallonie. Les plus grands chorégraphes le dirigent. Fin des années 1970, Zinoun peut créer sa propre compagnie, qui tourne dans le monde entier. Quand, dans les années 1990, la passion du cinéma le pique, l’homme n’a plus besoin de se battre pour se lancer. Il réalise et, encore une fois, le succès est au rendez-vous.
Driss Lachgar : Avocat et député
Le fils de Douar Doum
L’avocat prospère reçoit souvent dans sa villa aux quartiers des Ambassadeurs, l’un des plus chics de la capitale. Une maison moderne et spacieuse où le dirigeant ittihadi laisse apparaître un goût insoupçonné pour les boiseries nobles et les tableaux de maîtres. Mais il n’oublie pas d’où il vient. L’homme tient à ses origines amazighes et ne cherche pas à changer ses manières de fils du peuple. En 1954, il voit le jour à Douar Doum, quartier populaire à Rabat. Son père change souvent de métier : après avoir refusé de faire carrière dans la police, il sera artisan peintre (sabbagh) puis commerçant. Le petit Driss grandit au milieu d’une fratrie de sept enfants. Après une licence en droit, il rejoint le cabinet de feu Mohamed Bouzoubaâ. Quelques années plus tard, c’est en compagnie de Mohamed Elyazghi (numéro 2 de son parti) que Lachgar crée son propre cabinet. Depuis le milieu des années 1980, les affaires marchent plutôt bien. “J’ai normalement géré et fait fructifier mon patrimoine, ce qui m’a permis de monter en standing et d’acquérir une villa spacieuse aujourd’hui”, expliquait-il lors d’une récente émission radio.
Mohamed Maradji : Photographe
L’œil du Maroc
Avant même sa naissance, son père a été emporté par l’épidémie de typhus qui frappe Casablanca en 1940. Elevé par sa mère, le petit Mehdi doit quitter l’école dès l’âge de 8 ans pour travailler. Apprenti menuisier, tâtant ensuite à la mécanique, il se découvre une vocation pour la photo vers l’âge de 16 ans. Il traîne alors avec son appareil dans les rues de Casablanca où il vend ses clichés à 1 dirham. Encore adolescent, il décide de suivre à travers le pays Mohammed V, de retour d’exil, pour saisir la ferveur du peuple marocain. Parti en stage à Paris en 1959, au sein de l’agence Keystone, il franchit un nouveau pas en prenant en photo tout le gratin parisien : Edith Piaf, Johnny Halliday, Jean-Paul Sartre, le général de Gaulle. De retour au Maroc, il fonde la première agence marocaine de photo de presse. Remarqué par Mehdi Bennouna, le fondateur de la MAP, il suit pas à pas Mohammed V, puis Hassan II. Mais Maradji ne se contente pas d’être un photographe de palais. Appareil en bandoulière, il saisit aussi tous les évènements marquants du Maroc : tremblement de terre d’Agadir, émeutes de Casablanca en 1965, la Marche verte, etc.
My Messaoud
Agouzzal connu sous le nom de My Messaoud a fait fortune au début des année 60 ,Il a profite de la disparition de son rival my Said ,responsable du scandale des huiles frelatées.L'etat l'a aider a moderniser son usine "Les Huileries de Meknès en lui accordant des crédits.
Il a vu sa fortune augmenter après la marocanisation en 74. Il a pris le monopole des secteurs vitaux a l’époque notamment le cuir et la minoterie. L'erreur fatale qu'il a commis est de se lancer dans l'industrie de la chimie et de ne pas compter sur les compétences externes a sa famille.Aggouzzal était mal conseille et craignait l'informatique. Il parait qu'il triche sur les subventions accordes aux huileries et aux minoteries.
Contrairement a ce que vous écriviez,il restait pas grand chose aux éventuels héritiers, le fils aine est en prison pour trafic de la drogue, lui même est cloue dans son lit .Une seule affaire tourne SMP géré de main de fer par Mr Outassourt, les autres CAPLAM.les HUILERIE de MEKNES.CHIMICOLR ect sont a l’arrêt.i